La Shoah en héritage


Les descendants de rescapés des camps nazis ont, eux aussi, intégré l’horreur de la déportation. Même si elle n’a pas été exprimée verbalement. De Sam Braun, 77 ans, à sa petite-fille Charlotte, 15 ans, histoire d’une transmission.

Plus de soixante ans après la « libération » des camps d’extermination, la Shoah continue de faire souffrir. Fragilisés, les descendants de rescapés ont intégré la douleur des parents, exprimée ou gardée sous silence. Et ils sont eux aussi victimes du « syndrome du survivant ». Identifié dans les années 1960 par le psychanalyste américain William Guglielmo Niederland, ce syndrome exprime la culpabilité d’avoir survécu quand tant d’autres ont été assassinés. Il se manifeste par une série de maux caractéristiques : anxiété, troubles cognitifs, de la mémoire, état dépressif chronique, tendance à l’isolement, au retrait et au renfermement mélancolique, altération de l’identité personnelle, affections psychosomatiques…

Nathalie Zajde est psychologue clinicienne et ethnopsychiatre, auteur d’Enfants de survivants, l’une des études les plus remarquables sur l’héritage traumatique de la Shoah (Odile Jacob, 1995). Comment comprendre, s’interroge-t-elle, que les enfants des rescapés fassent les mêmes rêves et présentent les mêmes symptômes que leurs parents alors que ceux-ci, bien souvent, ont gardé le silence sur ce qu’ils avaient vécu ? Probablement parce que cette transmission s’effectue de manière inconsciente, à l’insu même des protagonistes, autrement que par des mots. Une transmission qui passe à travers les paroles et les gestes apparemment anodins de la vie quotidienne.

Pour la psychanalyste israélienne Dina Wardi (1), les enfants des survivants remplissent une fonction de « memorial candles », de « bougies commémoratives ». Ils incarnent la victoire des rescapés sur leurs bourreaux nazis, et la mémoire des disparus dont ils portent souvent le prénom. Un statut d’autant plus pesant que leur propre image est confrontée en permanence au souvenir des morts, dont ils représentent en quelque sorte la mémoire vivante. Toute leur vie, ils cherchent à égaler la figure de l’ancêtre qu’ils font revivre à leur manière, pour consoler leurs parents. Cet investissement affectif pourrait expliquer le sentiment de responsabilité et de culpabilité envahissant qu’éprouvent certains enfants à l’égard de leurs parents rescapés……[lire la suite]

http://www.psychologies.com/Planete/Societe/Articles-et-Dossiers/La-Shoah-en-heritage

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