« Jour de colère », l’exemple à ne pas suivre


Renvoi d’ascenseur : Dieudonné est devenu le meilleur allié de Manuel Valls, qui lui-même s’est révélé être son meilleur impresario. Fort de sa posture antisystème, maladroitement offerte par le ministre de l’Intérieur qui en a fait l’homme à abattre, l’humoriste avait appelé à participer, dimanche à Paris, au « Jour de colère ». Il a profité de la troublante indifférence des organisateurs, et singulièrement de Béatrice Bourges, la meneuse du « Printemps français ». Ce qui aurait pu être un légitime mouvement protestataire, un de plus, de la société civile s’est transformé alors, sous l’impulsion des amis de Dieudonné et avec la connivence de courants extrémistes, en une indéfendable manifestation de vulgarité et de haine contre les juifs, les francs-maçons, les médias, j’en passe. Retenu par un colloque (sur l’antisémitisme !), je n’ai pu me rendre sur place. Mais les récits que j’ai recueillis ce lundi matin, ajoutés aux vidéos que j’ai visionnées et aux comptes rendus de la presse, ne laissent aucun doute sur le piège qui a été tendu à ceux qui voulaient, de bonne foi, exprimer l’exaspération d’une France oubliée. Ce « Jour de colère », qui a mobilisé quelques dizaines de milliers de personnes, a été pollué par les slogans entendus : « Juif, la France n’est pas à toi ! », « CRS, police des juifs ! », « Mort aux sionistes ! », etc. Cette fois, Valls a donc raison quand il dénonce la violence de « l’extrême droite et l’ultra droite », même s’il ne s’aventure pas à décrire les vrais soutiens « diversitaires » de Dieudonné. Les conclusions de ce gâchis doivent être tirées sans plus attendre.

L’erreur serait évidemment de soutenir hâtivement, comme beaucoup de télévisions l’ont fait dès hier soir, que l’ensemble des manifestants seraient d’extrême droite et antisémites. Mais il faut constater qu’il n’y a pas eu, non plus, de prises de distance affichées face à des dérives qui étaient prévisibles à partir du moment où le prétendu drôle appelait ses supporters à rejoindre les rangs. C’est pourquoi ce « Jour de colère », premier d’une possible série, s’est définitivement décrédibilisé, sauf à s’enfermer désormais dans son monde complotiste. Les organisateurs, et Béatrice Bourges en premier lieu semble-t-il, portent la responsabilité de leur manque de vigilance : ils auraient dû savoir, au minimum, que de telles manifestations, qui mettent en cause les pouvoirs politiques et médiatiques en place, étaient attendues au tournant. En fait, une obligation d’exemplarité s’impose à tous ces mouvements populaires et à tous ces Indignés qui en ont assez d’être tenus pour quantité négligeable. Ceux-là ne sont ni des racistes ni des casseurs comme La Manif pour Tous ou les Bonnets rouges l’ont déjà démontré. »Jour de colère » a dévoilé la face hideuse d’un France fascistoïde. Il est l‘exemple à ne plus suivre. Laisser s’exprimer Dieudonné est une chose. Il n’en reste pas moins infréquentable dans une manifestation. En tirer la leçon pour l’avenir.

http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2014/01/jour-de-colere-lexemple-a-ne-p.html?xtor=RSS-19

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