27 janvier 1945 la libération d’Auschwitz


27 janvier 1945 la libération d’Auschwitz

Le 27 janvier 1945, la 60ème armée soviétique, appartenant au 1er Front Ukrainien commandé par le Maréchal Ivan Koniev, s’empare d’un complexe concentrationnaire Nazi près de la ville de Oświęcim, en Pologne.

Ce complexe est composé de trois établissements majeurs et leur conquête a été meurtrière. 230 soldats de l’Armée Rouge, dont le Colonel Siemen Lvovich Besprozvanny, chef de corps du 472ème Régiment trouvent la mort dans ces combats.

En investissant ce complexe, les Soviétiques viennent de faire sans doute la plus terrible découverte du 20ème siècle. Ils viennent de découvrir les trois camps d’Auschwitz I, d’Auschwitz II Birkenau et de l’usine d’IG Farben à Auschwitz III Monowitz. Ils viennent de s’emparer du plus meurtrier camp d’extermination du système industriel nazi permettant la mise en oeuvre de la solution finale à la question juive.

Lorsqu’ils arrivent, les Soviétiques découvrent 7000 prisonniers malades ou mourants, tout ceux qui ne pouvaient plus marcher. Quelques jours auparavant, les SS avaient contraint 60 000 prisonniers d’Auschwitz à partir à pied vers l’ouest dans une « marche de la mort » qui tuera 15 000 de ces prisonniers.

Mais les soldats qui fouillent le camp, découvrant horreur après horreur, dont un charnier à ciel ouvert d’au moins 700 corps, ne se doutent pas encore de l’ampleur de ce qu’ils découvrent. Durant les 4 années de fonctionnement du camp, 1 300 000 personnes dont 1 100 000 Juifs ont été assassinés à Auschwitz par un système très perfectionné d’acheminement, sélection et répartition avant préparation pour la mise à mort par gazage, suivi de l’élimination des cadavres par crémation.

Le procès de Nuremberg, ou le Commandant SS Rudolf Höss sera très volubile, révélera comment la hiérarchie de la SS étudiera la mise à mort de façon très gestionnaire et industrielle, cherchant perpétuellement à améliorer la productivité. Le choix du gaz Zyklon B et la détermination de son dosage sera le fruit d’un intense travail d’analyse, d’observation et d’essais. Pour gazer le maximum de personnes en un temps donné, il faut un gaz qui tue très rapidement, dès le premier contact. Mais il faut aussi qu’il soit non-persistant de façon à être évacué très vite par la ventilation et à permettre au personnel de vider la chambre à gaz. Des ingénieurs, chimistes, médecins, etc, ont travaillé d’arrache-pied pour arriver à la solution optimale, testée sous l’oeil attentif d’inspecteurs en contrôle de qualité et de gestion envoyant leurs rapports à Berlin.

Mais Auschwitz, les soldats l’apprendront aussi, est loin d’être le seul. Chelmo, Treblinka, Madjanek, Sobibor et Belzec sont autant de terminaux, au sens industriel du terme, de la cinquantaine de camps de concentration et de transit, sans compter les centaines d’annexes et de sous-camps répartis entre la France (Struthof), l’Allemagne, la Norvège, la Belgique, la Tchécoslovaquie et la Pologne.

En comptant les exécutions de masse des Einsatzgruppen et autres forces nazies ou allemandes, le chiffre de cette industrie de mise à mort d’une qualité technique et logistique aussi brillante qu’épouvantable, la solution finale à la question juive aura tué 6 000 000 de juifs sur les 9 000 000 que comptait l’Europe, 2 000 000 de Tziganes et autour d’un million de prisonniers politiques et d’opinion, d’homosexuels et même de noirs.

Ce jour-là, 27 Janvier 1945, les soldats russes, comme le feront les soldats américains, britanniques et canadiens ailleurs en Europe, touchent du doigt le Mal absolu et en feront des cauchemars tout le restant de leur vie. Certains diront avoir eu le sentiment d’avoir regardé Satan, le Diable, dans les yeux. Et le Diable voulait exterminer le peuple Juif…

Timothée Larribau

http://networkedblogs.com/TcNow

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