Au-delà de « l’affaire » Dieudonné


Au-delà de l’agitation médiatique et des controverses entourant le spectacle de Dieudonné M’Bala M’Bala, la Fondation pour la Mémoire de la Shoah entend poursuivre le travail de fond qu’elle mène depuis plus de 10 ans. Un travail d’éducation dont le pilier est l’Histoire, une action qui refuse toute « concurrence mémorielle » et appelle à la vigilance.

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L’antisémitisme : une réalité minoritaire mais préoccupante

Si la France n’est pas un pays antisémite, il est vrai qu’un antisémitisme – heureusement très minoritaire – existe en France et qu’il prend une forme de plus en plus violente dans les paroles et dans les actes. Se cachant souvent derrière le masque de l’antisionisme, cet antisémitisme réactive des thèses complotistes dignes du faux tristement célèbre des Protocoles des Sages de Sion. Dans cette perspective délirante, les victimes de la Shoah voient leur mémoire instrumentalisée, ridiculisée, voire niée.

Ces propos racistes et antisémites, ces incitations à la haine et ces atteintes à la dignité de la personne humaine n’ont pas leur place dans notre République. Ces paroles ne sont pas des opinions, elles constituent des délits et doivent être poursuivies efficacement et condamnées effectivement. Il est heureux qu’elles fassent aujourd’hui l’objet de réactions fortes de la part des pouvoirs publics et de la société civile. Il faut maintenant que la loi s’applique aussi sur Internet où se déverse, presque sans entrave, un discours de haine inadmissible.

La Shoah : un événement qui interpelle l’humanité tout entière

La Shoah est un événement qui marque un tournant dans l’histoire de l’humanité. À l’instar de la traite négrière, du génocide arménien ou du génocide du Rwanda, la Shoah éclaire d’une lumière tragique ce que l’homme est capable de faire à d’autres hommes.

L’extermination systématique et industrielle de près de 6 millions de Juifs dont 1,5 millions d’enfants, le génocide des Tsiganes et le meurtre de masse de personnes handicapées ou considérées comme déviantes du fait de leur orientation sexuelle représentent la négation par les nazis et leurs collaborateurs des principes qui fondent notre civilisation.

Ces principes de fraternité, de tolérance et de liberté ont été défendus par les Résistants et les opposants au nazisme qui connurent aussi l’horreur de la déportation. Ces principes ont aussi été incarnés par les Justes qui sauvèrent des Juifs en encourant des risques considérables.

Ces principes sont aujourd’hui encore bafoués en de nombreuses occasions. Loin d’occulter les crimes passés ou actuels, l’histoire de la Seconde Guerre mondiale nous rappelle le coût de ces reniements et nous invite à agir.

Pas de « devoir de mémoire » mais une nécessaire connaissance de l’histoire

Dans la lignée de ce qu’a toujours prôné Simone Veil, il ne s’agit pas d’imposer à tous un « devoir de mémoire » mais de promouvoir la connaissance de l’histoire car, 70 ans après, cette histoire continue à nous interpeller.

Il s’agit d’un travail de longue haleine, que la Fondation pour la Mémoire de la Shoah contribue à réaliser en soutenant de nombreux projets de natures diverses (recherches académiques, voyages d’études, films, publications, expositions…).

Aux provocations nauséabondes et à l’agitation médiatique, nous répondons par ce travail de fond, un travail à la fois ambitieux et modeste, l’actualité nous rappelant tous les jours qu’il reste beaucoup à faire. En posant un regard lucide sur notre passé, nous pourrons peut-être éclairer notre présent qui en a tant besoin. Porteurs d’une mémoire douloureuse, nous refusons toute « concurrence mémorielle », tout « monopole de la souffrance » et toute instrumentalisation politique, quelle qu’elle soit.

David de Rothschild

Président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah

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L’antisémitisme : une réalité minoritaire mais préoccupante
Si la France n’est pas un pays antisémite, il est vrai qu’un antisémitisme – heureusement très minoritaire – existe en France et qu’il prend une forme de plus en plus violente dans les paroles et dans les actes. Se cachant souvent derrière le masque de l’antisionisme, cet antisémitisme réactive des thèses complotistes dignes du faux tristement célèbre des Protocoles des Sages de Sion. Dans cette perspective délirante, les victimes de la Shoah voient leur mémoire instrumentalisée, ridiculisée, voire niée.
Ces propos racistes et antisémites, ces incitations à la haine et ces atteintes à la dignité de la personne humaine n’ont pas leur place dans notre République. Ces paroles ne sont pas des opinions, elles constituent des délits et doivent être poursuivies efficacement et condamnées effectivement. Il est heureux qu’elles fassent aujourd’hui l’objet de réactions fortes de la part des pouvoirs publics et de la société civile. Il faut maintenant que la loi s’applique aussi sur Internet où se déverse, presque sans entrave, un discours de haine inadmissible.
La Shoah : un événement qui interpelle l’humanité tout entière
La Shoah est un événement qui marque un tournant dans l’histoire de l’humanité. À l’instar de la traite négrière, du génocide arménien ou du génocide du Rwanda, la Shoah éclaire d’une lumière tragique ce que l’homme est capable de faire à d’autres hommes.
L’extermination systématique et industrielle de près de 6 millions de Juifs dont 1,5 millions d’enfants, le génocide des Tsiganes et le meurtre de masse de personnes handicapées ou considérées comme déviantes du fait de leur orientation sexuelle représentent la négation par les nazis et leurs collaborateurs des principes qui fondent notre civilisation.
Ces principes de fraternité, de tolérance et de liberté ont été défendus par les Résistants et les opposants au nazisme qui connurent aussi l’horreur de la déportation. Ces principes ont aussi été incarnés par les Justes qui sauvèrent des Juifs en encourant des risques considérables.
Ces principes sont aujourd’hui encore bafoués en de nombreuses occasions. Loin d’occulter les crimes passés ou actuels, l’histoire de la Seconde Guerre mondiale nous rappelle le coût de ces reniements et nous invite à agir.
Pas de « devoir de mémoire » mais une nécessaire connaissance de l’histoire
Dans la lignée de ce qu’a toujours prôné Simone Veil, il ne s’agit pas d’imposer à tous un « devoir de mémoire » mais de promouvoir la connaissance de l’histoire car, 70 ans après, cette histoire continue à nous interpeller.
Il s’agit d’un travail de longue haleine, que la Fondation pour la Mémoire de la Shoah contribue à réaliser en soutenant de nombreux projets de natures diverses (recherches académiques, voyages d’études, films, publications, expositions…).
Aux provocations nauséabondes et à l’agitation médiatique, nous répondons par ce travail de fond, un travail à la fois ambitieux et modeste, l’actualité nous rappelant tous les jours qu’il reste beaucoup à faire. En posant un regard lucide sur notre passé, nous pourrons peut-être éclairer notre présent qui en a tant besoin. Porteurs d’une mémoire douloureuse, nous refusons toute « concurrence mémorielle », tout « monopole de la souffrance » et toute instrumentalisation politique, quelle qu’elle soit.

David de Rothschild Président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah
Au-delà de « l’affaire » Dieudonné

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