Une peur inavouable : quand l’antisémitisme sert de masque à l’antisionisme


art_herzl-balcony_081712-584

Il est habituel et entendu, comme parfaitement indiscutable, que l’antisionisme est une autre forme, plus moderne et plus sournoise du bon vieil antisémitisme. 

La détestation d’Israël cacherait mal le plus vil des crimes que serait l’antisémitisme. En somme, la haine du juif en tant qu’homme, appartenant au peuple juif, ou revendiquant la pratique ou l’adhésion à la culture ou à la religion juive, serait le summum de la haine gratuite des nations. Et ainsi, l’antisionisme relevant de la détestation des idéaux politiques et nationaux du peuple juif en tant que collectivité, ne serait que le vernis acceptable de l’indicible et du « politically incorrect » que serait l’antisémitisme.

Il est vrai que nombre d’arguments, historiques pour l’essentiel, plaident en apparence pour cette manière d’envisager l’équation d’équilibre entre antisémitisme et antisionisme.

Et si c’était tout le contraire ? 

Et si l’antisémitisme depuis ses origines n’avait jamais été que la manière de ne pas dire la finalité de la détestation des juifs, c’est-à-dire le refus de toute résurrection nationale d’Israël, ou plutôt, sensu stricto, de la Judée, souveraine et indépendante, émancipée de toute tutelle étrangère, protectrice ou oppressive. L’antisémitisme aurait ainsi été avoué, théorisé, rationalisé pour cacher la grande peur, celle de l’occident chrétien avant tout, de la reconstruction nationale des juifs.

Fidèle à notre volonté de faire bouger les pensées convenues, nous essaierons d’apporter quelques éléments de réflexion utiles à l’exploration de cette piste.

Il y a dans l’antisémitisme quelque chose qui sonne comme la dénégation d’autre chose : l’antisionisme. Ce noyau qui ne dit pas son nom est si bien caché qu’il confère du même coup à l’antisémitisme quelque chose qui frise avec l’irrationnel et la démence.

L’antisémitisme s’articule autour de la détestation voire de la haine du juif en tant qu’il est juif.

Aucune nuance ne vient abolir ce fait : le juif est reconnu comme tel, sans prise en compte de son adhésion ou non à la religion juive, ni considération sur sa marginalité communautaire ou son assimilation, mais seulement catégorisé dans son étiquetage quasi biologique ou patronymique. Quasi seulement, car des Cohen nés de mère non juive ne sont pas juifs, pas plus que le Mr Klein campé par A. Delon dans le film de Losey. Tandis que d’authentiques juifs portent des patronymes non repérables, d’où le préjugé tenace de l’infiltration des juifs dans la société, leur dissolution, leur apparente invisibilité qui ne peut procéder « bien évidemment » que de leur volonté d’accaparer les rênes du pouvoir et de l’argent, représentation de l’Hydre chère à la rhétorique de l’extrême droite antisémite, et qui alimente commodément « la thèse du complot juif ».     [la suite)

http://bit.ly/1fNLuSK

Publicités
Une peur inavouable : quand l’antisémitisme sert de masque à l’antisionisme

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s