Cérémonie de nomination de Mme Guila Clara Kessous en qualité d’Artiste de l’UNESCO pour la paix
La Directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova va nommer l’artiste française Guila Clara Kessous en qualité d’Artiste de l’UNESCO pour la paix "en reconnaissance de son travail de défense des causes sociales au travers de l’art, et de son dévouement aux idéaux de l’Organisation" Spécialiste de l’art et des droits de l’homme, elle travaille à l’ouverture de la section « théâtre et droits de l’homme » à la Kennedy School de l’Université de Harvard et en crée le cours à Sciences Po Paris. Artiste, chercheuse et enseignante, elle bénéficie, en tant que comédienne, d’une double approche française et américaine en travaillant avec des metteurs en scène et des réalisateurs tels que Jim Spruill, John Malkovich, Daniel Mesguich, Jean-Pierre Vincent (« Adami – Paroles d’acteurs 2009 »).
Détentrice d’un MBA spécialisé en gestion culturelle et marketing de mode (ESSEC – Chaire LVMH), elle a co-produit et mis en scène plus d’une vingtaine de spectacles accordant une attention toute particulière aux costumes (rencontre avec Jean-Paul Gaultier au Festival d’Avignon 2006). Sa thèse sous la tutelle d’Elie Wiesel s’interrogeait sur l’éthique et l’esthétique. Traductrice assermentée, elle a traduit de nombreuses pièces dont Il était une fois d’Elie Wiesel, dont elle crée la première mondiale à Boston en présence de l’auteur en 2007 et qui sera jouée à la Chartreuse (Festival d’Avignon 2008) avec la complicité de comédiens de la Comédie Française.
Elle a collaboré avec de nombreux auteurs et artistes sur des créations théâtrales liées à des causes humanitaires et sociales : Marie-Christine Barrault, Thedore Bikel, James Taylor, Marie NDiaye, Dimitri Dimitriadis, Jean-Claude Grumberg, Jean-Paul Wenzel, Enzo Cormann, Stéphane Freiss, Simone et Jacques Schwarz-Bart. Elle est la fondatrice de la Troupe Francophone de l’Université de Harvard où elle est nommée « Fashion Ambassador » (séminaire sur « mode et éthique ») et reçoit le diplôme d’excellence d’enseignement du Derek Bok Center. Elle poursuit son enseignement et ses conférences en France et à l’étranger (Université de Harvard, Université de Boston, Université d’Oxford, Université de Genève, Ecole Normale Supérieure, Alliances Françaises, Conservatoire de St-Petersbourg).
Transposant ses techniques d’analyses dramatiques au cinéma, elle réalise plusieurs séries de courts métrages présentés au Festival de Cannes, notamment « En verre et contre tout » où le point de vue de la caméra est celui de l’handicapé, « Conversation privée » qui propose une réflexion sur la prière (sélection officielle Avignon-New York Film Festival) et plusieurs documentaires culturels pour l’Université de Boston (collaboration John Malkovich), de Harvard (célébrations autour de Yom HaShoah) et l’Alliance Française de Boston (archives Marcel Carné). Dans le cadre de ses recherches théâtrales et cinématographiques (archives MoMa de New York), elle est membre du laboratoire ARIAS, Atelier de recherche sur l’intermédialité et les arts du spectacle (CNRS/Paris III/ENS) en tant que chercheuse associée et est détentrice de la Bourse post-doctorale de la FIIRD, Fondation pour la recherche et le dialogue interreligieux et interculturels de l’Université de Genève.
Elle travaille actuellement sur l’interprétation de deux textes de résistance à l’oppression : La Mulâtresse Solitude d’André Schwarz-Bart (avec la complicité de Simone et Jacques Schwarz-Bart), dont l’héroïne est une figure historique de la résistance des esclaves noirs en Guadeloupe, et le Journal d’Hélène Berr (avec le soutien de Mariette Job, nièce de l’auteur), dont l’héroïne morte en déportation a été qualifiée par Simone Veil d’alter ego. Guila Clara Kessous prépare pour le projet Méditerranée 2013 une « caravane » théâtrale éthique la faisant collaborer directement avec de nombreux pays francophones sur les continents européen, africain et américain, sous la direction envisagée des dramaturges Dario Fo et Peter Brook. Nommée Chevalier des Arts et des Lettres par le ministère de la Culture pour son travail de rayonnement de la culture française à l’étranger, elle reçoit le titre d’Artiste de l’UNESCO pour la paix en 2011 en reconnaissance de son travail de défense des causes sociales à travers l’art.
source : Unesco
