Avez-vous étudié le Myongshimpogan, ou le Talmud en coréen ?

« J’ai commencé à étudier le Talmud très jeune, je possède d’ailleurs deux exemplaires du Talmud à la maison; l’un, qui comprend la collection complète, m’a été offert par ma femme et l’autre par ma belle-mère. D’ailleurs, il est d’usage que ce soit la future belle-mère qui offre un exemplaire du Talmud à son futur gendre ». Le résultat est qu’il y a d’avantage de Talmud  chez nous que dans tout Israël ».
Où pensez vous que nous soyons, aux Etats-Unis,  dans quelque faubourg de Brooklyn et que ce soit un juif harédiqui s’exprime ?

Détrompez vous, cette citation doit être attribuée à Yang Sam Ma, Ambassadeur de Corée du Sud en Israël. Comme vous pouvez le voir sur cette photo, son Excellence Ma n’est pas un tout jeune homme, ce qui signifie que l’étude du Talmud par de jeunes enfants en Corée du Sud ne date pas d’hier.

Lors d’une visite à Bnei Brak dans la Yeshiva Netivot Olam , en compagnie du maire de Bnei Brak,  Rabbi Yaakov Asher, Son Excellence déclare que des millions de Sud-coréens possèdent à la maison le Talmud traduit en anglais. Il ne s’agit donc pas d’une version tronquée  du Talmud en coréen, qui reprendrait quelques bonnes feuilles, mais vraisemblablement de l’édition ArtScroll. L’Ambassadeur souligne l’importance des valeurs familiales, le respect dû aux aînés, et le poids accordé à l’éducation des jeunes enfants, dans le Judaïsme; valeurs qui sont également cruciales pour les Coréens.

Il s’agissait de croiser cette information sur l’engouement des Coréens pour Talmud par d’autre sources. Or, où trouve t-on les informations les plus pertinentes sur les Juifs ? Réponse: chez les Antisémites. La plus belle bénédiction que reçut Israël ne provient-elle pas de Bilaam, l’affreux mercenaire, beau parleur et dépravé, embauché par le non moins horrible roi Balak, qui détestait cordialement les juifs tout en les craignant.

Pour ce qui concerne notre sujet, j’ai déniché un forum de discussion catholique, pas piqué des vers, Fish Eaters Traditional Catholic Forum, qui disserte sur le Talmud en Corée. Le meneur est un dénommé Brogan, enseignant de son état, qui se retrouve en Corée du sud et, qui découvre à sa grande surprise l’intérêt que portent les Coréens au Talmud. Ce forum, outre les informations capitales qu’il nous fournit sur le sujet, suinte la haine envers les juifs, comme on ne peut le trouver que dans les forums de discussion ultra djihadistes.  Ce brave homme essaye même d’expliquer à ses élèves que le Talmud est anti-chrétien et  qu’il  enjoint aux juifs de trucider les Chrétiens!!

Je vous livre quelques perles:

« J’ai pris un job en Corée … C’est une décision que je regrette car je pensais qu’ils célébraient la messe  tous les dimanches et qu’en fait ils ne le font qu’une fois par mois. J’ai découvert, à ma grande stupéfaction, que que tous les petits Coréens doivent lire le Talmud dans les classes élémentaires … il n’y a même pas de juifs en Corée … Lorsque j’ai demandé à mes étudiants s’ils étudiaient également le Coran, ils ont éclaté de rire et m’ont répondu: bien sûr que non, c’est le livre des Musulmans! Lorsque j’ai essayé de leur expliquer que le Talmud était un livre juif, ils m’ont répondu qu’en Corée c’était juste a good book, un bon livre. L’un de mes étudiants m’ a dit: it is the « light of Knowledge », c’est la lumière de la connaissance. Je ne sais plus quoi penser … J’ai ainsi découvert qu’ils l’ont tous lu lorsqu’ils étaient enfants,  et qu’ils en sont encore plus fans que ne sont les gosses américains avec Harry Potter. Je veux dire: ils adorent le Talmud … J’ai commencé à leur expliquer ce qu’étaient les juifs. Tous savaient déjà qu’Hitler les avaient tués…..  Je leur ai demandé qui a tué le plus de monde  Hitler ou Staline? ….  Ils ont tous crié: Hitler, Hitler !! Le plus étonnant est  qu’ils savent que des millions de Coréens ont été tués par Staline mais ils ignorent qu’il a tué 60 millions de personnes ….. L’autre classe me dit : avant de lire le Talmud je pensais que c’était ugly, vilain, (tout le monde rie), aujourd’hui je sais: le Talmud est la lumière de la connaissance …..  J’interroge un autre professeur pour savoir s’il s’agit d’un quelconque livre coréen qui s’appelle Talmud ou si c’est bien le Talmud des juifs. Le professeur me répond: oui c’est l’hébreu mais il n’est pas aussi mauvais que que celui que vous lisez. En Corée, nous avons des versions du Talmud pour les classes élementaires, secondaires et superieures. Même les chrétiens en Corée aiment le Talmud…. Il semblerait que les étudiants coréens connaissent le Myongshimpogan, également appelé le Talmud coréen. Il ne s’agirait pas du vrai Talmud mais d’histoires extraites du Talmud…. Il pourrait s’agir d’un prof lambda, qui est allé pécher des contes du Talmud et les a transformées en historiettes pour les enfants des écoles. A moins qu’il ne s’agisse de Noahidisme rampant ? »

Que nous révèle ce forum de discussion?

- D’abord que l’Ambassadeur a raison: il ne s’agit pas d’un engouement passager mais d’une vague de fond qui ne date pas d’hier.

- Que les histoires du Talmud dont parle ce chrétien haineux, cela s’appelle le Midrash

- Que coexistent en Corée, des versions du Talmud tout ce qu’il y a de casher  et de complet en langue anglaise, et des manuels en coréen pour tous les niveaux qui probablement portent le nom de Myongshimpogan.

- Qu’il ne peut s’agir de Noahidisme, comme il  est suggéré. Cela signifierait  que les juifs auraient insidieusement entrepris une action missionnaire en Corée du Sud pour conduire petit à petit les Sud-coréens à suivre les Sept Lois noahides. Laissons les actions missionnaires à qui de droit, autrement dit aux Chrétiens et aux Musulmans.

- Qu’il est par contre possible que des enseignants Sud-coréens se soient rendus compte que le Talmud et surtout sa partie midrashique (contes),  par opposition à halakhique (qui concerne la Loi), parle au coeur et au cerveau des habitants de Corée, bercés depuis plus de deux millénaires, comme les Chinois, les Vietnamiens et même les Japonais par les enseignements de Confucius.

Mon intérêt pour les parallèles entre la pensée confucéenne et les Pirkey Avot, entre autres, qui ne sont jamais qu’une partie du Talmud, est conforté par le « light of knowledge » qui est attibué au Talmud en Corée du sud.

Je vous propose également de lire les deux articles que j’ai rédigé avant d’entreprendre ma démarche actuelle, sur mes tribulations dans la Chine fascinée par le Talmud et le rapport  entre le dernier livre d’Umberto Eco: Le cimetière de Prague et la Corée du Sud.

source : Geopolitiquebiblique

Mes tribulations dans la Chine fascinée par le Talmud et le « génie juif »

Rien ne se produit par hasard. Je devais entreprendre un voyage en Chine et, quelques jours avant mon départ, je découvre un article sur CJSS puis sur NewsWeek, pour le moins surprenant. Il y est question de la fascination qu’exerceraient sur les Chinois, les Juifs, ou plutôt, leur capacité unique à s’enrichir. D’où leur vient ce talent particulier ? Un éditeur chinois arrive à la conclusion que la clé de la connaissance des mille et un moyens de faire de l’argent se trouve, non pas dans l’Ancien Testament, somme toute à la portée de tous, mais dans le TALMUD qui est l’outil que seuls les juifs savent manier et qu’ils dissèquent effectivement depuis des siècles. Un auteur qui a recours à un pseudonyme pond donc un livre intitulé « Le Talmud décodé: 101 règles juives du business »

D’autres suivent tels que « Le Petit Illustré de sagesse juive ou, toutes les histoires de gains monétaires dans le Talmud ». Les livres, au dire de l’article, se vendent comme des petits pains et auraient atteint plus d’un million d’exemplaires. Encore mieux, à Taiwan, il existe même un hôtel qui s’inspire des textes sacrés. Le Talmud Business Hotel de Taichung qui se décrit ainsi sur son site:

«Influencé par les théories du Talmud, l’hôtel pour businessmen a été nommé en référence au livre saint. Il contient une collection d’anciens textes de rabbins sur la loi et les traditions juives. Dans chaque chambre, vous pouvez trouver une copie du Talmud-Business Success Bible pour que chacun puisse faire l’expérience de la voie du Talmud vers le succès, ainsi qu’un accès gratuit au Wi-Fi». Réussite dans les affaires assurée.

Dans le même article est également cité un Centre d’Etudes juives qui se trouverait à Shanghai. Cela tombe à pic, c’est justement là où je me rends. Sans me faire annoncer, j’arrive au Centre, et rencontre une joyeuse bande de jeunes universitaires, dont Wang Zhen, Assistant professeur, Deputy Secr-General du Centre d’Etudes juives.
Ayant quelque peu préparé ma visite, je lui offre mes bouquins, dont l’Essai de géopolitique biblique « Ismaël et ses frères » et lui fais part de mes recherches sur une meilleure compréhension de l’Actualité grâce aux Textes fondateurs, dont bien évidemment le Talmud, puisqu’il semble être très à la mode en Chine. Malheureusement, mon site de géopolitique biblique est censuré en Chine – on se demande bien pourquoi – et mes livres sont en français, langue que seuls maîtrisent quelques universitaires. Wang Zhen semble néanmoins intéressé et promet de le faire lire par qui de droit.
Je fais également connaissance d’une jeune universitaire chinoise qui se dit appeler Ayelet, et avec qui, à ma grande stupéfaction, j’échange quelques phrases en hébreu. Elle me tend sa carte sur laquelle elle rajoute son prénom; en hébreu

Le centre a pour vocation d’éditer des recherches sur les Juifs en Chine et ailleurs, et Wang me remet avec fierté leur dernier ouvrage, sur ….. les Juifs en Amerique. Pourquoi pas?
Je lui parle des ouvrages talmudo-business, qu’il sort de sa bibliothèque et me montre. Il n’est pas un chaud partisan de ce genre de littérature, qui à son sens, est susceptible de provoquer de l’antisémitisme, surfant sur le prototype du juif au nez crochu, avide d’argent, et qui de plus, sont signés et édités par des pseudonymes. Nous nous mettons d’accord sur le fait que le Talmud disserte d’avantage sur l’éthique du commerce que sur les moyen de s’enrichir. De plus, en universitaire sérieux, il ne peut cautionner des ouvrages de vulgarisation à des fins bassement matérielles
Lorsque je leur fais savoir que ma fille qui travaille à Shanghai est parfaitement hébraïsante, la jeune Ayelet est emballée et note son numéro de téléphone. Echange cours d’hébreu contre cours de Chinois; tout le monde est gagnant.
je suis honoré de signer leur Livre d’or et nous nous quittons sur « we’ll keep in touch ». La balle est désormais dans le camp de Sarah qui devra me servir d’agent littéraire en Chine. On peut toujours rêver.

De retour en France, je découvre dans Haaretz, un article sur une délégation chinoise qui s’est rendue en Israël à l’Institut Schechter pour tenter de comprendre comment les juifs se débrouillent pour fabriquer des enfants aussi intelligents. Pourquoi diantre les détromperions-nous ?

Pour ce qui est de ma propre perception après un voyage de courte durée à Shanghai et à Hong Kong, j’en tire deux conclusions. Les Chinois ont deux objets de fascination: l’argent et leurs enfants. L’agent est rare et la réussite sociale ardue; quant à l’enfant, il est, dans la grande majorité des cas, unique, donc d’autant plus précieux. Ces fascinations pour le dieu Mamon (argent) et, leur progéniture, les apparente déjà largement au peuple élu.

Par ailleurs, comment les Chinois ne seraient-ils pas fascinés par un peuple, mille fois inferieur en nombre. Ils ne reculent pas devant la règle de trois: si, en plus de leur nombre, ils arrivaient à percer et à s’approprier le génie juif, the sky is the limit.

En outre, les Chinois partagent aussi avec Israël la même hantise de l’Islam. La province musulmane du Sinkiang les inquiète bien d’avantage que le Tibet.

Tout cela crée pas mal de similitudes et de convergences d’intérêt entre la Chine et Israël. En ces temps troubles, où les Islamistes sèment la panique et, où Obama joue à la perfection son rôle de carpette, la géopolitique biblique devra tourner son regard vers l’Est, pays du soleil levant.

J’oubliais; attablé à Shanghai dans un restau musulman – où l’on est au moins sur que la cuisine n’est pas faite avec de la graisse de cochon, je dégustais tranquillement ma soupe aux nouilles. J’engage la conversation avec un jeune musulman sympathique, originaire précisément du Sinkiang qui me dit avoir étudié en Egypte, et me propose sans détours de me convertir à l’Islam. Comme ça , me dit-il, nous serons frères. Je lui réponds que je réfléchirais, Inch Allah, à la question, mais qu’en attendant, on était tous des Bnei Adam (fils d’Adam). Parlant l’arabe, il m’a parfaitement compris. Comme quoi, même dans un boui boui chinois, l’hébreu ça sert toujours.

source : Geopolitiquebiblique

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