« Israël est l’objectif final des rebelles syriens »

Le soulèvement syrien contre le président Bashar al-Assad est conduit par des forces disparates dont les origines et les objectifs demeurent mystérieux.  Selon le journaliste Kapil Komireddi, si les djihadistes étrangers réussissent à vaincre Damas, ils pourraient ensuite s’attaquer à Israël. RT: On sait peu de choses sur l’identité réelle des factions rebelles – que pouvez-vous nous en dire et quelles sont vos sources?

Kapil Komireddi: J’ai interviewé à Damas des rebelles qui se terraient dans diverses parties de [la capitale] et des quartiers périphériques. Certains d’entre eux venaient d’Afghanistan et ils m’ont dit que leur objectif était d’attaquer les Juifs et cela ne m’a pas surpris parce que j’ai rencontré des gens ailleurs, en particulier au Pakistan, qui m’ont dit la même chose. Ils voient Israël comme leur ultime destination. Je ne sais pas si c’est ce que tous les rebelles qui se battent contre le gouvernement d’Assad ont en tête mais il y en a certainement un partie pour qui la Syrie n’est qu’une étape vers leur destination finale.

RT: Avez-vous d’autres preuves que les déclarations des rebelles que vous avez interviewés? Y a-t-il d’autres indications que les frontières d’Israël pourraient être sérieusement menacées par un ennemi plus dangereux?

KK: Ce qui est particulièrement troublant, c’est que Manaf Tlass [un ancien proche d'Assad qui a fait défection] soit considéré comme un remplaçant possible d’Assad. Peu de gens savent que Mustafa Tlass, le père de Manaf Tlass [l'ancien ministre de la défense], est un antisémite notoire. Il a écrit un livre qui s’appelle la Matzah de Sion dans lequel il accuse les Juifs de crimes rituels*, quand à lui [Manaf] il a été secrètement sorti du pays par des espions français. Il ne cesse d’aller en Arabie Saoudite, mais peu de gens connaissent ses antécédents et on devrait s’inquiéter qu’il soit désigné comme un éventuel remplaçant.

RT: Selon vous, ce mouvement qui était au départ simplement un mouvement anti-gouvernemental en faveur de la démocratie est-il devenu un mouvement composé en partie et peut-être même dominé par des djihadistes et des radicaux?

KK: Il y a deux choses. Le gouvernement n’a pas réagi de manière pacifique à  ce qui a d’abord commencé comme une révolution pacifique. Dès mai 2011, l’ambassadeur étasunien en Syrie a informé ses collègues et ses homologues que al-Qaeda avait infiltré l’opposition syrienne. Il y des preuves de l’ingérence de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie. Il y a donc plusieurs acteurs régionaux qui nourrissent le conflit avec de l’argent [et] des armes et cela ajouté au fait que le régime répugne à renoncer aux moyens pacifiques de parvenir à une solution nous a mené où nous en sommes.

RT: Pourtant Israël et ses alliés occidentaux sont favorables à l’opposition en dépit des signes alarmants que vous mentionnez. Pensez-vous qu’ils soient conscients que des persécutions religieuses -qui n’épargneraient sans doute ni les Alawites, ni les Chrétiens- pourraient se déclencher si le régime était renversé et s’ils en sont conscients pourquoi passent-ils outre?

KK: C’est toute l’ironie de la situation. Je crois que beaucoup de gens en occident en sont conscients et ils ont peur d’intervenir ouvertement, c’est pourquoi les Etats-Unis ne sont pas encore intervenu comme ils l’ont fait en Libye et ailleurs. Je pense que l’ironie de soutenir des rebelles susceptibles de se changer en ennemis mortels de l’occident n’est pas perceptible aux interventionnistes purs et durs qui font pression pour que l’occident intervienne en Syrie et arme l’opposition. Je ne pense pas qu’on arrivera à la paix si on écoute ces interventionnistes débridés. Je crois que la solution est politique; on résoudra le conflit en faisant en sorte que le gouvernement -le régime d’Assad- et les forces d’opposition s’assoient à la table de négociation et se mettent d’accord sur un traité de paix. Je crois qu’armer un des deux groupes engendrera le chaos.**

Note: * L’accusation de crime rituel à l’encontre des Juifs (hébreu : עלילת דם ’alilat dam « accusation de sang ») est une allégation antijuive ou antisémite selon laquelle les Juifs assassineraient des enfants non juifs à des fins rituelles (pour boire leur sang et confectionner des pains azymes (matzot) pour la Pâque) ou non. (Wikipedia)

** Dedefensa parle de cet article: http://www.dedefensa.org/article-les_rebelles_syriens_et_isra_l_04_10_2012.html

Kapil Komireddi est un journaliste indien indépendant; il s’intéresse principalement à la politique étrangère, en particulier celle de l’Inde, et ses analyses sont publiées aux Etats-Unis, en Inde et en Angleterre. Il tient un blog: NewMajority.com

Pour consulter l’original :  http://rt.com/news/syrian-rebels-fight-jews-529/

Alterinfo

source : networkedblogs

Un dessin vaut mieux qu’un long discours

Un dessin, comme réponse, pour ceux atteints de palestinite et organisant, encore, des flottilles pour Gaza. Une maladie qui a comme principal germe l’antisémitisme et qui est mortelle tant le succès du peuple juif est criant par son  œuvre, à savoir l’Etat d’Israël.

Une maladie qui se cantonne uniquement autour des faits et gestes israéliens, lorsqu’ils ne sont pas inventés, et qui a peu de chance de s’épandre contre le pouvoir syrien, véritable assassin de son peuple.
Un peuple qui peut bien mourir, aucune flottille ne sera organisée pour sa défense. La seule priorité, aider le Hamasdans lutte finale.
 

Merci à JSSNews et Kevin Benichou pour cette infographie.

source : Victor Perez

Djihadistes français en Syrie : combien de nouveaux Mohamed Merah en puissance ?

Abdelkader Merah, frère de Mohamed, doit être entendu par les juges d’instruction à Paris ce lundi. Dans le même temps, les rebelles syriens ont été rejoints par des djihadistes étrangers dans leur lutte contre Bachar el-Assad. Parmi eux, des Français. Un risque pour notre pays ?

Atlantico : Les jeunes Français musulmans seraient de plus en plus nombreux à grossir les rangs de l’insurrection en Syrie. Jacques Bérès, cofondateur de Médecins sans frontières, a témoigné en avoir soignés à Alep. Ils sont venus faire le Djihad dans le but de faire tomber Bachar el-Assad. Quelle est la situation sur place ?

Wassim Nasr : De plus en plus nombreux, je ne dirais pas cela. Mais il faut savoir que ce phénomène n’est pas nouveaux, des Français – qu’ils soient d’origine arabe ou pas – ont rejoint les différents mouvements djihadistes de part le monde, et cela depuis les années 1980. A cette époque les djihadistes avaient le soutien matériel, moral et financier des capitales occidentales et des pétromonarchies arabes pour combattre le communisme.

Aujourd’hui, on retrouve une configuration similaire, sauf que l’ennemi n’est plus le communisme mais le régime syrien. On parle de quelques combattants français à Alep, certains d’origine arabe, d’autres non. En mars dernier, les autorités libanaises ont arrêté un groupe d’une dizaine de Français qui essayaient de passer la frontière libano-syrienne. Cette information est passée quasi inaperçue, à un moment où l’affaire Merah captait toute l’attention des médias.

Début septembre, le journaliste Robert Fisk – du journal britannique The Independent – a interviewé un djihadiste franco-algérien originaire de Marseille dans une prison à Damas. Mais le dernier témoignage est celui du docteur Jacques Bérès qui rentre tout juste d’Alep. Il m’a décrit deux jeunes frères français – il en a soigné un de ses propres mains : « deux illuminés dont un n’a pas hésité à faire l’éloge de Mohamed Merah, avec une voix douce, des traits fins, mais capable de vous égorger avec le sourire tout en vous convaincant que c’est pour votre bien ».

Parmi ces jeunes djihadistes, certains peuvent-ils revenir en France pour commettre des attentats, à la Mohamed Merah ?

Je ne pense pas qu’on verra une multiplication des Merah à cause du conflit syrien. Son cas est proche de celui de David Headley, informateur de la DEA (Drug Enforcement Agency) américaine, à la tête du groupe responsable des attentats de Mumbai (2008). C’est ce genre de personnage qui représente le vrai danger, plutôt que les djihadistes qui rentrent de Syrie avec habits traditionnels et barbes. Cela dans la mesure où l’endoctrinement se fait à Paris, comme à Londres et comme dans toutes les villes occidentales plutôt qu’en territoire syrien.

Cette situation est-elle propre à la France ou s’étend-elle à d’autres pays européens ?

Plusieurs journalistes ont rencontré des djihadistes venant des pays européens. Mais cela ne veut pas dire que les appels au Djihad vont se généraliser à toutes les mosquées européennes et que les prédicateurs vont embrigader des centaines de jeunes musulmans occidentaux.

Il ne faut pas oublier que la majorité de ces djihadistes sont d’origine syrienne ou des Syriens naturalisés dans leurs pays d’accueil. J’ai eu dernièrement l’occasion de voir des images de plusieurs d’entre eux : un Suédois poussé vers le Djihad par son épouse ; un entrepreneur autrichien qui a déménagé sa famille en Turquie avant de rejoindre le combat ; un Hollandais coupeur de tête protégeant des civils avec son imposante silhouette ; etc. Ces hommes se battent par conviction sous la bannière de Jabhat el-Nousra (en Syrie, ndlr) à Alep.

Parmi ceux qui ne sont pas d’origine syrienne, beaucoup sont des vétérans des conflits irakien et libyen. Lioua el-Ouma (Les Brigades de l’Oumma) a été formé par Mehdi Harati, un Irlandais d’origine  libyenne vice-président du Conseil Militaire de Tripoli. Cette brigade gère un camp d’entrainement – au combat urbain et à la fabrication d’engins explosifs – dans la région d’Idlib.

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La Syrie, Obama, Hollande et les autres.

par Michel Garroté

Ces rebelles djihadistes « syriens » défendent-ils la démocratie et la liberté ?

Les démocraties occidentales semblent ignorer – ou feignent d’ignorer – que le régime dictatorial de Bachar a-Assad pratique le double, et parfois même, le triple langage. Ce n’est pas nouveau. C’était déjà le cas au temps de Hafez al-Assad. Dans ce contexte, rappelons, à titre d’exemple, que le régime laïc alaouite syrien est l’allié de la théocratie intégriste chiite iranienne et de la légion mercenaire intégriste chiite du Hezbollah. Or, il ne peut pas y avoir de véritables liens idéologiques et doctrinaux – vrais et profonds – entre des laïcs alaouites et des théocrates intégristes chiites. Obama, Hollande et les autres,n’ont pas l’air de comprendre cela ou feignent de ne pas comprendre.

A cet égard, notons que la Russie et la Syrie réagissent promptement aux propos d’Obama, propos selon lesquels tout déploiement de – ou recours aux – armes chimiques par le régime d’Assad équivaut à franchir la ligne rouge. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, déclare, après une rencontre avec un haut responsable chinois, que la Russie et la Chine fondent leur coopération diplomatique sur « la nécessité d’adhérer à la charte de l’ONU et de ne pas autoriser sa violation ». Venant du régime autoritaire russe et du régime totalitaire chinois, cette déclaration « idolâtronusiaque droits-de-l’hommesque » a quelque chose de risible.

Ainsi donc, la Russie et la Chine s’opposent à toute intervention militaire étrangère en Syrie. Bien. Sur ce point, je serais tenté de leur donner raison, même si l’argument humanitaire, par eux évoqué, reste peu crédible sortant de leurs bouches. Le vice-Premier ministre syrien, Qadri Djamil, reçu par Lavrov, estime « impossible » (?) une intervention militaire étrangère en Syrie parce qu’elle débouchera, selon lui, sur un conflit s’étendant bien au-delà des frontières du pays. Une intervention militaire directe en Syrie est impossible parce que quiconque l’envisage s’achemine vers une confrontation allant bien au-delà des frontières de la Syrie, menace, en substance, Djamil.

Le même Djamil, laisse entendre que la Syrie est prête à discuter d’une démission du président Bachar al-Assad. En effet, interrogé sur un départ du pouvoir d’Assad, Djamil répond : « pendant le processus de négociations, rien n’empêche d’étudier toutes les questions et nous sommes prêts à examiner même cette question ». Pour ajouter aussitôt que « la démission (d’Assad) comme condition à l’ouverture du dialogue signifie qu’il est impossible d’ouvrir le dialogue » avec les rebelles. Djamil se serait rendu à Moscou, entre autre, pour discuter d’une élection présidentielle syrienne anticipée avec la participation de tous les candidats y compris Bachar al-Assad.

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Régionalisation du conflit syrien : le Liban au bord de l’implosion ?

Kidnappings, confrontations entre les confessions sunnites et alaouites à Tripoli… La situation au nord du Liban paraît de plus en plus instable.

Atlantico : Les kidnappings se sont accentués ces derniers jours à la frontière syro-libanaise. Comment peut-on expliquer cette situation ?

François Constantini : Vraisemblablement, il s’agirait de réfugiés syriens kidnappés au Liban. Ils existent des services secrets au Liban, des groupes pro-syriens qui sont prêts à servir de bras armés au régime syrien dans le pays.

On peut donc supposer qu’il existe des groupes liés au régime syrien qui pratiquent des enlèvements comme il y a des groupes notoirement hostiles au régime syrien qui s’en prennent aux Alaouites. Il y a donc des vengeances réciproques qui s’exercent au Liban. Cela n’est pas étonnant quand on connait les liens historiques qui existent entre les deux pays.

Ces kidnappings ne sont-ils pas favorable au clan Assad ?

Certainement, l’objectif du régime syrien est de détourner l’attention. Toutefois, le régime syrien n’a pas utilisé le Liban comme bombe à fragmentation. On aurait pu penser que le régime allait pousser le Hezbollah à agir. Hormis la question de Tripoli qui existe depuis 30 ans, le Liban n’a pas été la caisse de résonance du conflit inter-syrien d’aujourd’hui.

Justement, vous faites allusion à Tripoli, cette ville a connu des affrontements entre les quartiers sunnites et alaouites de la ville. Vous confirmez donc que ce cas n’est pas nouveau ?

Ah non, en 1985 il avait une guerre entre « le mouvement de l’unification islamique » un groupe d’islamiques sunnites et de l’autre côté l’armée syrienne et les milices alaouites. Le PSNS, Parti pro syrien laïque qui existait au Liban s’était battu pour le contrôle de Tripoli (première ville sunnite du pays). L’influence syrienne a toujours eu du mal à s’établir dans cette ville. La ville de Tripoli est un point de situation très particulier, ce n’est pas nouveau, il vient d’être ravivé à la faveur du conflit interne syrien.

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Samy Gemayel : "Bachar al-Assad a les moyens de faire exploser le Liban"

Par Marc DAOU

La crise qui se poursuit en Syrie depuis mars 2011 suscite de plus en plus la crainte d’une contagion des violences au Liban. Le jeune député libanais Samy Gemayel confie ses inquiétudes à FRANCE 24.

Samy Gemayel appartient à une famille libanaise maronite indissociable de l’histoire de la politique libanaise. Neveu de l’ancien président de la République élu Bachir Gemayel, assassiné avant son entrée en fonction en 1982, et fils de l’ex-président libanais Amine Gemayel (1982-1988), il a été élu député du Metn (centre) en 2009. Il a pris alors la relève de son frère, Pierre, député et ancien ministre de l’Industrie assassiné en 2006.

Figure montante de la scène politique libanaise et de son parti, les Kataeb, Samy Gemayel est prisé par les médias, adulé par ses partisans et respecté par ses rivaux politiques. Il se caractérise par son franc-parler et vit sous haute protection au Liban, à Bikfaya (Mont-Liban), le fief de la famille Gemayel. De passage à Paris, il répond aux questions de FRANCE 24 sur les débordements de la crise syrienne au pays du Cèdre et les récents événements sécuritaires qui rappellent les heures sombres de la guerre du Liban (1975 -1990).
FRANCE 24 : Plusieurs évènements récents survenus au Liban, troubles sécuritaires, affrontements confessionnels et enlèvements d’étrangers, semblent indiquer que la crise syrienne touche de plus en plus votre pays. Le Liban est-il à l’abri d’un conflit armé sur fond de crise syrienne?
Samy Gemayel : Nous sommes en train de revivre aujourd’hui les mêmes conditions qui ont débouché sur la guerre du Liban qui a éclaté en 1975. Il y a une volonté de la part du régime syrien d’enflammer la scène libanaise afin de déstabiliser la région, à commencer par le Liban, et de détourner les regards de ce qui se passe en Syrie. Assad a les moyens de faire exploser le Liban. Il l’avait d’ailleurs promis à la communauté internationale. J’espère qu’il n’y arrivera pas, mais malheureusement, les Libanais participent à leur façon à ce projet, en envenimant la scène libanaise soit en défendant à tout prix le régime syrien, soit en s’y opposant.
On peut être contre ou pour Assad, mais ce n’est pas une raison pour se laisser entraîner ou engager notre pays dans la crise syrienne. Ainsi, un groupuscule d’hommes cagoulés et lourdement armés prend des étrangers en otage, convie les médias à une conférence de presse, et ce sans que l’État ne réagisse ou ne prenne des mesures pour y mettre un terme. Par sa passivité, le gouvernement libanais commet un crime à l’encontre des Libanais en livrant le Liban à des groupuscules armés qui peuvent à terme, si rien n’est fait, mener le pays à la guerre civile. Par conséquent, il sera tenu responsable de tous les débordements si la situation dégénère.
Pourtant, Beyrouth affirme mener une politique de "distanciation" de la crise qui secoue son voisin depuis mars 2011.
Depuis sa mise en place, ce gouvernement a prouvé à maintes reprises qu’il est l’allié du régime syrien. Par conséquent, nul ne peut prétendre être surpris qu’il agisse dans l’intérêt de Damas, aux dépens de la stabilité du pays et de l’intérêt de la population. La prétendue politique de distanciation du gouvernement par rapport à la crise syrienne n’est en réalité qu’un slogan commercial, puisqu’il a tout fait sauf se dissocier de la crise syrienne. Notamment en laissant nos frontières ouvertes au régime syrien comme le démontrent les fréquentes incursions et opérations de l’armée syrienne à l’intérieur de notre territoire, et en laissant des groupuscules armés agir à leur guise. Ce gouvernement ne peut pas prétendre être neutre sur la question syrienne.
Les chrétiens du Liban semblent divisés sur ce dossier. Certains estiment qu’il est préférable de soutenir le président Bachar al-Assad, tandis que d’autres militent pour la chute du régime baasiste en l’accusant de tous les maux du Liban depuis plusieurs décennies. Quel est votre point de vue sur la question ?
Je vais être très clair sur ce point, je suis contre Assad car je suis un démocrate. Aucun régime ne peut causer plus de mal au Liban que celui qui est en place. C’est très difficile de faire pire : 30 ans d’occupation militaire, des centaines de milliers de morts, des centaines de milliers d’habitations détruites, les caisses de l’État libanais volées… Et des assassinats de personnalités politiques lui sont imputables. Je crois que ce régime aura tout fait aux Libanais. Nous sommes pour le changement, nous sommes pour la démocratie en Syrie et dans le monde arabe en général. Mais si le régime démocratique qui lui succède porte au pouvoir des partis qui vont à l’encontre de nos principes politiques ou qui sont hostiles au Liban, nous ne lui apporterons pas notre soutien. Mais ce n’est pas pour cela que nous sommes contre la démocratie. Vous pouvez être contre la politique socialiste en France, mais cela ne va pas dire que vous êtes contre la démocratie, bien au contraire.
Le conflit en Syrie prend une tournure confessionnelle, et certains experts affirment qu’en dernier recours, le président Bachar al-Assad pourrait être tenté de créer un état confessionnel alaouite. Ce scénario est-il crédible selon vous ? Quelles en seraient les répercussions sur le Liban ?
La confessionnalisation de la crise syrienne est très inquiétante. Ce n’est pas une surprise, car nous vivons malheureusement dans une région où la religion joue un rôle primordial. Le scénario d’une partition de la Syrie n’a rien d’une fiction, il est très probable, car il va dans le sens de ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient. Je pense notamment à l’Irak qui n’a pas attendu la crise en Syrie pour aller dans ce sens là : les revendications autonomistes des communautés, notamment celle des Kurdes, y sont quasiment exaucées. C’est légitime, après le démantèlement de l’empire ottoman, les frontières de la région ont été tracées de façon archaïque puisque certaines communautés ont été dispersées dans plusieurs états alors que certains états ont été constitués de plusieurs communautés. Le Liban, qui est un état multiconfessionnel, peut évidemment être affecté par cette donne car ses différentes communautés vont être forcement influencées par ce qui se passe en Syrie. Les sunnites du Liban vont être influencés par les sunnites de Syrie. Les chiites vont suivre avec attention ce qui passe avec les Alaouites de Syrie et avec leurs coreligionnaires en Irak et Iran. Et les chrétiens, qui sont délaissés par tout le monde à l’instar de tous les chrétiens d’Orient, s’interrogeront également sur leur avenir. Notre génération doit discuter et penser un nouveau Liban, décentralisé et neutre, afin de mieux gérer son pluralisme.

Syrie – Quand les rebelles sont libyens et irlandais

Le djihadiste libyen Mehdi al Harati dirige un groupe rebelle syrien

La présence croissante (sans jeu de mot) de djihadistes étrangers, notamment libyens, au sein l’insurrection syrienne est désormais un fait impossible à cacher : des volontaires libyens ont – entre autre – formé les combattants du groupe « Liwaa Al Umma » (la « Brigade de la Communauté des Croyants ») et ils luttent depuis des semaines contre le régime syrien. Ces combattants sont dirigés par un certain Mehdi al Harati, un commandant libyen avec passeport irlandais…

Michel Garroté

Rédacteur en chef

Reproduction autorisée avec mention de www.dreuz.info

source : dreuz

La Russie a aidé à tirer sur les avions turcs

La Russie a aidé à tirer sur les avions turcs selon un rapport du journal  britannique le Sunday Times .La destruction en vol de l’avion était un  avertissement pour les forces de l’OTAN de ne pas intervenir dans  les évènements syriens

La Russie a-t-elle aidé à abattre l’avion  turc près des côtes syriennes il y a deux semaines?

Cela semble être le cas, selon le journal  britannique The Sunday Times.

Le journal rapporte que selon des sources  au Moyen-Orient, y compris certains membres de la Force aérienne israélienne,  croient que la destruction en vol de l’avion turc était un message de la  Russie à l’OTAN pour qu’elle s’abstienne d’intervenir dans la guerre civile  syrienne.

Le journal cite des sources diplomatiques au  Moyen-Orient selon lesquelles des experts russes, ont formé les Syriens sur  la façon d’utiliser leurs défenses anti-aériennes. La Russie a fourni des  systèmes à la Syrie ces dernières années, stationnés dans différentes  bases.

Les experts russes sont également présents dans  les centres qui contrôlent les batteries de missiles, et ont participé à  l’interception et à la destruction de l’avion turc par l’utilisation des  missiles anti aériens.

Une source de l’ IAF a déclaré au magazine, « Nous ne devrions pas être surpris que les experts russes -, même  s’ils n’ont pas appuyé sur le bouton, étaient à tout le moins aux côtés des  officiers syriens qui l’ont fait. «

Suite à la destruction de l’avion turc,  l’Otan s’est abstenue de s’impliquer directement, et des renforts militaires ont  été envoyés la semaine dernière à de la frontière turco-syrienne. La Syrie a  envoyé deux brigades de chars à la frontière en réponse.

Adapté par Aschkel pour israel-flashisraeldefense

source : Israel Flash

Syrie : la guerre médiatique a déjà lieu

Une ambassadrice expulsée ne fait pas le printemps des peuples

par Daoud Boughezala

Comme prévu, la première grande annonce diplomatique du quinquennat Hollande se situe dans la parfaite continuité de la politique étrangère sarkozyenne. Après le massacre de Houla, que l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a dénoncé sans en attribuer explicitement la responsabilité au régime de Damas, François Hollande et Laurent Fabius ont décidé d’expulser l’ambassadrice de Syrie à Paris Lamia Chakkour, ce qu’auraient sans doute fini par faire Nicolas Sarkozy et Alain Juppé.

Ironie du sort, la diplomate syrienne avait été prise dans un imbroglio l’été dernier, lorsque France 24 avait bien imprudemment annoncé sa défection et son entrée dans l’opposition. L’info s’était révélée être une intox mais a inauguré une longue série de controverses médiatiques qui entourent les convulsions successives de la révolte syrienne.

Parmi les derniers épisodes de la guerre civile syrienne – il faut bien appeler un chat un chat- deux mystérieux rebondissements égarent les journalistes : l’empoisonnement supposé de hauts dignitaires baasistes et l’enlèvement de pèlerins libanais chiites près d’Alep. Grâce à notre confrère du Figaro Georges Malbrunot, nous savons maintenant ce qui s’est tramé derrière les rumeurs d’assassinat des ministres de la Défense, de l’Intérieur et du beau-frère de Bachar Al-Assad, l’officier Assaf Chawkat. Vraisemblablement, il s’agirait d’une opération éclair montée par l’Armée Syrienne Libre, qui avait empoisonné le repas des six très hautes personnalités proches du premier cercle de Damas, lesquelles n’ont dû leur salut qu’à une hospitalisation rapide.

Or, le rapt de treize pèlerins chiites libanais en Syrie reste quant à lui entouré de tout son halo de mystère. L’annonce- démentie depuis – de leur libération puis de leur exfiltration en Turquie, où ils restent immobilisés,  a laissé tous les observateurs pantois. Vendredi, France 24 (que l’on est désolé d’accabler…) tombait dans le panneau comme les autres…

Dans cette ténébreuse affaire, il semblerait que des agents de liaison du Hezbollah soient les otages d’une partie de la rébellion syrienne qui rechigne à les évacuer vers le Liban sans contrepartie de l’armée syrienne (arrêt des bombardements d’Alep) et du “parti de Dieu” (enjoint à se désolidariser de son encombrant allié).

Pour rendre les choses un peu plus incompréhensibles, la présidence turque a dernièrement nié jouer le moindre rôle dans les négociations avec les ravisseurs et l’Armée Syrienne Libre affirme n’être pour rien dans ce rapt. Aux dernières nouvelles, le premier ministre libanais devrait néanmoins se rendre à Ankara pour faire avancer le dossier.

Pauvres médias, allez comprendre cette nouvelle Histoire des treize

source : Causeur

Le boucher de Damas face à l’impuissance des Occidentaux

par Freddy Eytan

Voilà déjà 4 décennies que la famille Assad règne en Syrie avec une poigne de fer souillée de sang et le monde libre laisse faire dans le désarroi total. Ce régime est une dictature calquée sur le modèle soviétique de Staline. Le pouvoir syrien est fondé sur deux piliers: le socialisme du parti Baath et les liens étroits et religieux de la communauté alaouite ancrée dans toutes les sphères de la société, de l’armée, des services de sécurité et des institutions gouvernementales. Le pouvoir d’Assad étouffe et écrase toutes les libertés des droits de l’Homme. Il ne recule d’aucun moyen pour mettre au pas ses opposants en exerçant à leur encontre une punition sanglante et impitoyable. Son armée de quatre cent mille hommes est principalement destinée à la répression intérieure. Les terribles massacres de Hama en février 1982 par Assad père firent plus de 20 000 morts! Ils n’étaient qu’une avant-première des carnages successifs commis par Assad fils depuis le 15 mars 2011. Plus de 12 000 syriens dont des centaines d’enfants innocents ont été assassinés par le boucher de Damas et le monde occidental se contente de réagir par des condamnations orales et par la convocation du Conseil de Sécurité. Le fameux plan Kofi Annan n’est qu’un épais écran de fumée cachant les images macabres et les scènes d’horreur. Cela n’est pas surprenant, en 1976, suite à la guerre civile au Liban, les Occidentaux rendirent hommage à l’intervention syrienne dans le pays du Cèdre… Comment être aussi cynique et naïf de croire que Damas qui rêve depuis toujours de la Grande Syrie, à savoir annexer le Liban et le « Nord de la Palestine », pouvait garantir « la souveraineté » du Liban. Et aujourd’hui encore, comment ne pas être scandalisé par la même erreur fatale en laissant le régime d’Assad en place et faire confiance aveuglement aux agissements hégémoniques de ses partenaires: l’Iran et le Hezbollah.
Les pages de l’Histoire syrienne sont depuis plusieurs décennies obscures et infâmes. Rappelons pour mémoire les assassinats commandités par Damas et perpétrés avec la connivence de l’Iran et du Hezbollah: de l’ambassadeur de France à Beyrouth, Louis Delamare, en 1981, du président Bachir Gemayel en septembre 1982, et du Premier ministre Rafic Hariri en février 2005. L’explosion des voitures piégées à Beyrouth en 1983 qui a coûté la vie à 241 Marines américains et 58 soldats français et de nombreux autres attentats meurtriers perpétrés dans plusieurs capitales européennes.
Et pourtant, depuis Giscard d’Estaing, tous les dirigeants français ont fait le chemin de Damas et ont accueilli la famille Assad en grande pompe et devant l’Arc de Triomphe…
Nous constatons aussi, et une fois encore, que le monde arabe demeure indifférent face aux massacres quotidiens de leurs frères! Aucune manifestation ne défile, non plus, dans les rues de Paris, Londres, Berlin ou Montréal pour protester contre ce régime sanguinaire…Les intellectuels et les éditorialistes sont toujours plus sévères et arrogants quand Tsahal ose se défendre et lance des opérations ponctuelles et préventives contre des terroristes palestiniens… La Turquie islamique d’Erdogan a même décidé de traduire en justice et de condamner à la peine perpétuelle des officiers israéliens de l’état-major pour avoir ordonné l’arraisonnement du Marmara… Ce « navire pacifiste » navigant tranquillement en Méditerranée qui transportait des armes et des passagers islamistes provocateurs et anarchistes. Quant au Tribunal international de la Haye, il ne s’est jamais réuni pour traduire Assad en justice pour des crimes contre l’Humanité… contre la boucherie quotidienne de son propre peuple.
Nous sommes bien habitués à ce double jeu et à l’hypocrisie flagrante. L »indifférence des nations face aux génocides et aux massacres par des tyrans ne date pas d’aujourd’hui et elle n’a pas évolué depuis Hitler et Staline.
La situation actuelle en Syrie est insupportable et les Occidentaux doivent mettre un terme à ce régime sanguinaire même au risque de l’éclatement du pays en cantons ethniques. La famille Assad doit quitter le pouvoir immédiatement et si nécessaire par la force. Elle devrait logiquement suivre les familles Moubarak et Ben Ali et le model yéménite. Israël ne souhaite pas intervenir mais serait prêt à accueillir pour des raisons humanitaires les nombreux réfugiés rescapés des massacres. Rappelons que Damas se trouve à une centaine de kilomètres de nos frontières et dans un carrefour hostile du front Est. Assad alimente et finance le terrorisme et fait partie de l’Axe du Mal. Il dispose des missiles de longue portée et notamment chimiques et il ambitionne toujours d’acquérir l’arme nucléaire…Imaginons le plateau du Golan remis aux Syriens…à savoir des chars d’Assad avec son artillerie lourde devant les portes de la ville de Tibériade…
Les Occidentaux doivent à tout prix éviter que la région s’embrase par une guerre régionale entre le front chiite dirigé par l’Iran et la Syrie et le camp sunnite dirigé par l’Arabie Saoudite. Depuis le départ des Américains d’Irak, des vagues terroristes, des guerres ethniques et religieuses sont orchestrées par les Gardiens de la Révolution et el Qaïda.
Le président Obama, préoccupé par sa réélection, devrait être plus ferme et intransigeant devant la nouvelle donne géopolitique et surtout face aux Russes qui eux s’obstinent pour des raisons stratégiques et mercantiles à soutenir le régime d’Assad. Obama devrait se souvenir qu’un président américain démocrate du nom de J.F. Kennedy avait mis au pied du mûr le maître du Kremlin de l’époque…Il avait calculé froidement le risque du déclenchement d’une nouvelle guerre mondiale… Cela s’appelait: Dissuasion par excellence!
Pour conclure, nous espérons vivement que la diplomatie occidentale redore enfin son blason! Elle devrait avec sagesse et détermination garantir la paix et la sécurité dans un monde où la loi de la jungle est quasiment omniprésente!
source : jcpa-lecape
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