70 ans après la rafle du Vel d’Hiv, l’UEJF dévoile un sondage réalisé avec l’institut CSA : la majorité des jeunes déclarent n’avoir jamais entendu parler de la rafle du Vel d’Hiv

70 ans après la rafle du Vel d’Hiv, l’UEJF dévoile un sondage réalisé avec l’institut CSA : la majorité des jeunes déclarent n’avoir jamais entendu parler de la rafle du Vel d’Hiv

Un sondage CSA/UEJF portant sur un échantillon de 1056 français révèle que 60 % des jeunes de 18 à 24 ans n’ont jamais entendu parler de la rafle du Vel d’Hiv, un chiffre supérieur à la moyenne constatée chez l’ensemble des Français (42%).

Par ailleurs, moins d’un tiers des étudiants français savent que c’est la police française qui a procédé à la rafle du Vel d’Hiv (32%), et moins d’un Français sur deux en moyenne (46 %). Parmi les Français qui ont entendu parler de la rafle du Vel d’Hiv, leur connaissance provient en premier lieu de films et documentaires (87 %), loin devant l’école (49 %), leur entourage (53 %) et Internet (21 %).

En revanche, 85 % des Français considèrent que la transmission de la mémoire de la Shoah est importante (50 % d’entre eux considèrent qu’elle est très importante, et 35 % qu’elle est plutôt importante). Ce chiffre est encore plus élevé chez les jeunes de 18 à 24 ans, qui considèrent à 88 % que cette transmission est importante.

Pour Jonathan Hayoun, Président de l’UEJF : « Ce sondage révèle que les Français ont à cœur que soit transmise la mémoire de la Shoah. Cependant, il dévoile aussi la faible connaissance de l’histoire de la rafle du Vel d’Hiv, et de la participation des autorités françaises, alors que cet événement est crucial dans la conscience nationale et que sa transmission comporte un acte pédagogique dans la lutte contre toutes les formes de haine.

Le sondage démontre que plus de deux-tiers des étudiants français ne savent pas que la police française a procédé aux rafles : il s’agit donc de renforcer les actions de transmission, qui doivent dépasser le simple cadre scolaire.

Il y a différentes manières de transmettre cette mémoire afin que chaque jeune entende là un enseignement pour lutter contre l’antisémitisme et contre toutes les formes de racisme.

Face à ceux qui veulent jouer la concurrence des mémoires,  il est important de rappeler que les leçons de l’histoire de la Shoah sont universelles, et prennent tout leur sens dans le climat de recrudescence de l’antisémitisme.

Au vu de l’actualité, ce sondage démontre donc qu’il est nécessaire de faire de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme une grande cause nationale. »

source : UEJF

TEMOIGNAGE E1 – Ils ont été des enfants d’Auschwitz

Deux survivants de la Shoah témoignent, après plus de 50 ans de silence.

Karol Pila est le plus jeune survivant d’Auschwitz. Henri Borlant est, lui, le seul survivant des 6.000 enfants juifs de moins de 16 ans de France déportés en 1942. A l’occasion de l’exposition "Au cœur du génocide – Les enfants dans la Shoah, 1933-1945", consacrée aux enfants persécutés par les nazis en Europe, l’historien Serge Klarsfeld a amené ces deux rescapés de la Shoah à livrer leur témoignage.

"Ce qui caractérise les génocides c’est que l’on tue les enfants avec les adultes, parce que l’on ne veut pas laisser derrière soi de futurs vengeurs", rappelle Serge Klarsfeld. C’est à cela, à l’enfer, qu’ont échappé Karol Pila et Henri Borlant.

Découvrez leurs témoignages en intégralité et en vidéo :

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Transmettre l’histoire de la Shoah….

Video

Retour à Izieu

documentaire: Blanzy, petite ville de Bourgogne. Pour sa pièce de théâtre, une classe de CM1 se plonge dans l’histoire des enfants d’Izieu, 44 enfants du même âge raflés et déportés en 1944. Ces élèves de neuf ans découvrent l’horreur de la shoah sans être traumatisés, car pour eux cela reste un jeu. Une belle leçon de transmission de mémoire.

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Eichmann et la petite robe rouge

Par rachelsamoul

Ce texte de Galith Touati a été publié dans le n° 8 de la revue Continuum, la revue des Ecrivains israéliens de langue française, dont le thème principal était 50 ans après le Procès.

Eichmann et la petite robe rouge

« Eichmann et moi », c’est ainsi que j’ai d’abord compris la question, oblitérant le mot « procès ». Elle m’a agacée. Comme si il y avait quelque chose de commun, une quelconque intimité, entre ce type et moi.

Je suis née dix ans après le procès d’Eichmann. Les expressions « banalité du mal, conférence de Wansee et Solution finale »  ont longtemps résonné, sinon comme une abstraction, comme des références dans une culture générale. Elles me renvoyaient, tout au plus,  à la froideur bureaucratique dont Eichmann était le protagoniste. La Shoah, telle que  je me la figurais, n’avait pas ce visage.

Au lycée dans les années 80, on nous avait montré Nuit et brouillard. Je me souviens qu’aucune parole n’avait été échangée avant et après la projection du film. L’année suivante, l’actualité nous avait appris le suicide de Primo Levi et mes parents et moi avions lu Si c’est un homme. Plus tard, j’ai entamé des études d’histoire.

A la question « Le procès Eichmann et vous ? », j’ai d’abord cherché une réponse d’historienne, comme s’il fallait écrire une thèse dont c’était le sujet. J’ai ressorti les livres d’Hannah Arendt, j’ai eu l’ambition de relire des textes et d’assister aux conférences organisées pour marquer ce cinquantième anniversaire. Mais je n’ai rien fait, à  part aller voir l’exposition « Juger Eichmann » au Mémorial de la Shoah.

Là, je suis restée longtemps à regarder les extraits filmés du procès de 1961, et notamment les témoignages des déportés.  Un père de famille y raconte qu’il a été séparé de sa femme et de ses enfants à leur arrivée à Auschwitz. Il les a vues s’éloigner vers la chambre à gaz, repérant sa petite fille dans la foule grâce à son manteau rouge. Ce petit point rouge s’éloignait de plus en plus et ce fut la dernière image qu’il eut d’elle. Ce témoignage inspira Steven Spielberg dans La Liste de Schindler.

Quelques jours après cette visite au Mémorial, nous avons fêté les cinq ans de  ma fille et je lui ai  offert une robe rouge achetée de longue date. Le rouge est sa couleur préférée. Le lendemain, elle a étrenné la robe qui lui va à ravir. C’était une belle journée d’été qui s’est terminée dans un square. Assise sur un banc, je regardais mon enfant courir et jouer. Au lieu d’éclater de joie, je me suis mise à pleurer. Le  nom d’Eichmann charrie beaucoup de sanglots.

©Galith Touati

 

Galith Touati est historienne de formation. Depuis 2004, elle est responsable de la communication et des actions pédagogiques de Yad Layeled France. Cette association conçoit des ressources pédagogiques pour enseigner l’histoire de la Shoah à l’école primaire à partir du CM2, et soutient en France le Musée des combattants des ghettos – Beit Lohamei Haghetaot.

source : KefIsrael

Une journée consacrée à la Shoah

Par rachelsamoul

Dans le cadre de mon Billet de l’Invité(e) et à l’approche de Yom HaShoah, je publie ici un extrait du livre d’Esther Orner, Fin et Suite.

Gitele, je me suis souvent demandé si tu savais qu’une semaine après Pessah une journée entière était consacréee à la Shoah. Ce jour comme tous les autres commence le soir. Le soir je regarde un ou deux documentaires. Un film. Puis le matin j’écoute quelques récits de rescapés à la radio en attendant le mugissement de la sirène qui arrêtera nos pas. Et chaque année j’apprends encore et encore. Et de plus en plus c’est l’héroïsme qui me frapppe. Le tien. Ceux des autres. Une femme a raconté qu’à l’entrée du camp où elle a eu « la chance » d’être sélectionnée pour le travail, il était écrit – « On n’a que ce que l’on a mérité ». Quel cynisme. Ce camp-là était au milieu d’une belle forêt – a dit la femme. Jusqu’alors on savait que « le travail rendait libre »…Et puis toujours cette beauté associée à l’impensable. A vrai dire cette année les documentaires et surtout le film je les ai enregistrés et vus les jours suivants. Et je comprends mieux pourquoi l’année du deuil on ne va pas au cinéma. Ce jour-là, je ne peux que me retirer en moi-même. Et je revois encore cet écrivain qui avait décidé d’écrire sans fioritures. Constater seulement comme un scientifique pour témoigner. J’ai pensé que volonté ou pas, le sujet lui-même exigeait cette écriture. Cette retenue. L’écrivain a encore dit qu’il fallait éviter de se plagier et donc savoir s’arrêter lorsque l’on n’avait plus rien à dire? Et il s’arrêta d’écrire jusqu’au suicide.

Pendnat des années je me promettais de transcrire ton numéro sur ton bras. Et tu es morte un Shabbat. Je t’ai retrouvée quelques jours plus tard. Tu étais cachée  dans ton cerceuil. Je n’ai plus pensé à ton numéro. Il a disparu avec ta mort. Et c’est bien ainsi. J’avais rencontré une peintre qui voulait que les descendants se fassent tatouer le numéro de leurs proches. Peux-tu imaginer une telle folie? Une vilaine folie. Une folie furieuse.

©Esther Orner

source : KefIsrael

D’une Shoah à l’autre

Par Ori Haaker-Chijner

Hier matin, je faisais mes courses au supermarché de mon quartier de Ramat-Gan. Une dame était devant moi, avant-bras dénudés et j`ai entre-aperçu un tatouage, une série de chiffres sur son avant-bras. Pendant un court moment alors que l`émotion me gagnait, je revis en accéléré des dizaines d`images dans ma tête.

Je repensais à mon grand-père maternel, David Chijner, déporté parmi les premiers convois au départ de Drancy à Auschwitz, à ma grand-mère maternelle, Tzipa Chijner née Nudelman, déportée dans les derniers convois à Maidanek, à mon oncle, Isidore Haaker mort dans les geôles de Barbie à Lyon. Je revis dans un souvenir presque embrumé par le temps, le guéridon dans le salon de ma grand-mère paternelle sur lequel se trouvait un écrin qu`enfant j`aimais à ouvrir et qui contenait la photo de mon arrière-grand-mère et surtout ce petit carré de tissu or sur lequel était imprimé le mot « Juif » et flanqué d`une Maguen David et dont je ne comprenais alors pas la signification. Je repensais aux jours où ma mère me raconta l`histoire de mes grands-parents disparus alors qu`elle n`avait pas 4 ans.

Je repensais à mes oncles et tantes partis rejoindre Israël peu après la guerre, seule destination où l`espoir avait encore un sens.

Je repensais aux cauchemars de ma mère à l`orphelinat de l`OSE attendant en vain le retour d`une mère à jamais détruite et disparue dans les fumées de la haine gratuite et dénuée de tout sens.

Je pensais aux traumas laissés dans toutes ces familles de survivants, à ce qui nous était transmis, à l`admiration que je pouvais avoir pour toutes celles et ceux qui avaient relevés la tête pour vivre une vie digne droite comme celle que leurs parents avaient espérés pour eux.

Je repensais au jour où j`avais visité le Struthof avec mon meilleur ami d`enfance dans les contreforts des Vosges. Je repensais à tout ce que l`humanité a perdu, définitivement. Je repensais à mon alyah, je repensais à Yom Hashoah de l`an dernier à Yad Vashem où j`étais invité à la cérémonie officielle de l`Etat d`Israël, à l`ulpan, où nous avions tous tant de difficultés à raconter l`histoire de nos familles dans un hébreu balbutiant, peut-être, surement et surtout parce que nous nous comprenions tous pour avoir cette douleur en commun.

Aujourd’hui j`ai 50 ans. 10 ans de plus que mes grands-parents au jour de leur destruction. 10 longues et courtes années où il leur a été interdit d`aimer leurs enfants, interdit de transmettre, interdit de vivre.

50 ans c`est si peu et tant à la fois, alors 40…

La douleur, la colère ne peuvent s`estomper. La rage non plus. Pourquoi avez-vous fait cela ? Comment avez-vous pu permettre cela ? Pourquoi n`ai-je pas eu le droit de connaitre mes aïeux ? Pourquoi tant d`inhumanité ? Je n`aurais certainement jamais la réponse. Il ne peut y avoir de réponse à cette question, elle justifierait l`innommable de la Shoah. Tout cela je l`ai ressenti en cet instant en voyant le bras de cette dame âgée, joliment vêtue, marchant avec sa canne et souriante.

C`est peut-être ca la victoire sur le Mal, que cette femme et d`autres (elle devait être une enfant il y a 72 ans) aient survécus, aient bâtis leur vie, aient vécus contre les démons.

Les années ont passé, des vies entières durant ces 70 ou 80 ans. En dépit des traumatismes la foi en l`humanité a persisté. Ce qui c`était passé, la Shoah, du fait de ce qu`elle est ne pouvait plus réapparaitre.

Et pourtant !

Si le bruit des bottes ne se fait plus entendre dans l`Europe de 2012 comme ce fut le cas dans celle de 1938, d`autres bruits émanant du même continent résonnent en échos aux appels de Goebbels, Himmler ou Laval. Depuis près de 30 ans avec un acharnement qui ne se dément pas, mais se renforce chaque jour, on entend « mort aux Juifs » dans les manifestations des capitales européennes, on dit que les juifs se comportent comme des nazis en Israël, on tente de les boycotter comme on les boycottait sous les lois de Vichy, on veut les spolier à Jérusalem comme on le fit en Allemagne, on autodafé la culture judéo-israélienne comme à Berlin les livres, on tue des enfants Juifs à Toulouse comme on le faisait en ces temps-là. L`ignominieuse « bête » est sortie de son antre et rien ne semble être en mesure de l`arrêter. Le veut-on d`ailleurs ?

On se délecte de ceux qui veulent s`indigner là où il ne faut pas et on ne s`indignent pas là où il y a urgence à le faire.

On a trouvé son bouc-émissaire. On laisse crier à la haine des juifs dans l`indifférence générale, voire avec la complicité de certains médias et de certains politiques. Il est nouveau de bon ton d`être antisémite, pardon antisioniste (mais en en faisant payer aussi le prix aux Juifs de Diaspora qui ne sont pas de nationalité israélienne, preuve en est de cette nouvelle judéophobie).

On s`insurge, on délégitimise, on se délecte, on veut éradiquer, comme le fit Hitler, comme le fit Pétain.

Cette nouvelle Shoah qui ne veut pas dire encore son nom est pourtant bien en marche, mais si les Juifs des années 30 et 40 n`avaient pas de refuges pour sauver leurs vies et celles de leurs enfants, aujourd`hui, et en dépit des Ashton, Hessel et consorts, il y a Israël, un Israël qui n`est pas simplement un refuge ou un nouveau ghetto, mais un Israël bouclier et rempart de l`humanité et de la conscience universelle.

Ma grand-mère a été gazée à Maidanek à l`aube du 7 mars 1943, son convoi étant arrivé dans la nuit du 6 au 7, soit 19 ans jour pour jour avant que je ne vienne au monde. Chaque année qui passe, à chaque anniversaire, je ne peux m`empêcher de penser à cette conjonction de dates, me rappelant à chaque fois la chance que j`ai d`avoir, D` merci, mes 2 parents vivants à mes cotés ce qui ne fut pas donné à ma mère ni à tant d`autres enfants juifs alors.

Dans quelques heures, pour Yom Hashoah, les sirènes de tout Israël vont retentir durant une minute. Une minute où tout un pays, toute une nation va se figer dans le silence, chaque citoyen où qu`il se trouvera, au restaurant, au bureau, à la maison, dans la rue, en voiture sur l`autoroute, dans le bus, chacun va se figer pendant une minute pour mon grand-père, pour ma grand-mère et pour les 5.999.998 autres victimes de la Shoah qui vont être vivant à nouveau.

Nous leur devons plus que la mémoire, nous leur devons de vivre, de nous battre, de regarder vers demain pour que jamais au grand jamais l`humanité ne puisse revivre une nouvelle Shoah.

Notre victoire sur le Mal, c’est bien d`être vivant, juifs, vivants sur notre terre ancestrale, Israël, libres déterminant nous-mêmes notre destin au cœur des nations, quand bien même celles-ci voudraient encore une fois nous en denier le droit fondamental et nous annihiler, en vain!

Ori Haaker-Chijner – JSSNews

source : jssnews

Brisures de Pnina Amit pour Yom HaShoah

Par rachelsamoul

Ce poème de la poétesse israélienne Pnina Amit traduit par Esther Orner a été publié dans le n° 8 de la revue Continuum, la revue des Ecrivains israéliens de langue française. La poétesse Pnina Amit vient de recevoir le prix de l’association des Ecrivains israéliens pour le recueil dont est tiré ce poème, Shvarim, שברים

Brisures

Mère (1)

Mieux que Dieu tu distinguais

le jour de la nuit

le jour – pour nettoyer cuisiner, travailler, payer,

[raccommoder

 

mettre de l’ordre et de l’ordre.

Et la nuit – pour le cri

 

et les pas de mon père.

Du valium, prend du valium. Dors

un peu. Dors.

 

Même plus que toi plus que Dieu

je suis

avant les mots.

 

Tohu

Mère (2)

Tes doigts ramassent et caressent les aiguilles perdues

[même

 

celles qui piquent.

 

Après que tu as été chassée affamée de tes propres mains

[tu as enterré ton aîné

 

Tu as perdu ta fille, tu cousais

cousais –

survivre et te retrouver, tu as dit

 

et je me souviens du feu, du cri de l’effondrement et

[comment

 

tu m’as perdue

 

ta mort  a dévoilé la vérité – tu m’as toujours retrouvée.

[Moi

 

je t’ai toujours perdue.

 

©Pnina Amit, traduit de l’hébreu par Esther Orner.

source : KefIsrael

Rescapés du premier convoi de juifs pour Auschwitz-Birkenau, ils témoignent

Le 27 mars 1942, le premier train de déportés juifs partait de France pour Auschwitz-Birkenau, avec 1 112 hommes.

Video….

Dix-neuf seulement en revinrent. Simon Gutman (88 ans) et Jacques Smaer (90 ans), les deux derniers rescapés encore en vie, témoignent.

Des commémorations doivent se dérouler mardi 27 mars 2012 à Drancy, où ces déportés furent auparavant détenus, ainsi qu’à Compiègne et au Mémorial de la Shoah, à Paris.

1942, année de sinistre mémoire marquée par le début de la déportation des juifs de France, qui en trois ans allait coûter la vie à plusieurs dizaines de milliers d’entre eux (1). Le 27 mars de cette année-là, le premier train de déportés juifs quittait la France pour l’Allemagne. Plus exactement pour le camp d’Auschwitz-Birkenau, dans la Pologne occupée par Hitler. 1 112 hommes en tout. 19 seulement en reviendront, dont Simon Gutman (88 ans) et Jacques Smaer (90 ans). Les deux derniers témoins en vie de ce convoi de la barbarie nazie doivent participer aujourd’hui aux commémorations organisées à Drancy et Compiègne, ainsi qu’au Mémorial de la Shoah à Paris.

Retour dans le passé. Lors des premières rafles de juifs, effectuées en 1941 avec la complicité active de la police française à Paris, où ils résident avec leur famille, les deux hommes de 17 et 20 ans sont arrêtés. La première rafle a lieu le 14 mai : convoqués par la préfecture de police pour examen de situation, 3 747 juifs étrangers (polonais, tchécoslovaques et ex-autrichiens) sont envoyés dans les camps du Loiret de Beaune-la-Rolande et Pithiviers.

La deuxième se déroule le 20 août. Ce jour-là, 4 232 juifs étrangers et français sont interpellés en pleine rue dans plusieurs arrondissements, après contrôle des papiers, et transférés au camp de Drancy, qui vient de s’ouvrir au nord de la capitale. La troisième sera effectuée le 12 décembre : 743 juifs « notables » (élus, avocats, médecins, professeurs, ingénieurs, commerçants) seront alors emmenés de force de leur domicile au camp de Royallieu à Compiègne (Oise).

Jacques Smaer et Simon Gutman ont été victimes de la deuxième rafle. À Drancy, ils ont, avant même d’être déportés, affronté la faim et la soif. Et la peur lorsque, par exemple, Theodor Dannecker, chargé de la « question juive » au sein de la Gestapo à Paris, est venu tirer au sort 50 internés pour être fusillés au Mont-Valérien, en représailles à des attentats de la Résistance. Au vu de son mauvais état de santé, Jacques Smaer a d’abord été libéré en novembre, avant d’être repris à son domicile dans la nuit du 12 au 13 décembre.

Lire la suite : laCroix

L’image primée pour le Yom HaShoah 2012

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