Les Libyens avec du gaz moutarde sur les bras

Si la communauté internationale s’inquiétait de  ce que Mouammar Kadhafi pourrait faire de son stock de gaz moutarde pendant la  guerre, c’était sans compter sur la découverte de deux nouveaux sites de  stockage tenus secrets. Des armes chimiques en grande quantité que les nouvelles  autorités voudraient bien neutraliser. Les hangars, mal surveillés, pourraient  rapidement être pillés de la même manière que les quantités d’armes actuellement  en circulation dans le pays.

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Par Romain Mielcarek

« Danger. Partez ! » C’est avec  ce petit panneau que les Libyens sont tenus à distance d’un hangar de Joufra,  dans le centre de la Libye. Le bâtiment blanc pourrait contenir des stocks de  gaz moutarde. Pour protéger le site, des chaînes et des cadenas, qui ont déjà  été attaqués sans succès. C’est ici que se trouveraient les quelques 11,5 tonnes  de gaz moutarde que le « guide suprême » avait accepté  de démanteler avec l’aide des Nations unies. Le lieu, connu de l’OTAN,  a été pilonné par l’aviation qui a soigneusement évité les endroits précis où se  trouvait le gaz.

Mauvaise nouvelle, le Conseil national de  transition (CNT) vient d’annoncer que deux autres lieux, tenus secrets,  abritaient des stocks du même gaz. L’un des deux sites serait même rempli  d’armes prêtes à l’emploi. Youssef Safi ad-Din, transfuge de  l’armée chargé de neutraliser ces armements, assure qu’ils sont  parfaitement sous contrôle et que personne ne peut s’en emparer pour l’instant.  Il assure que rien n’a été volé.

Il s’inquiète pourtant de la capacité des  Libyens à neutraliser ces armes chimiques.« L’équipement le plus moderne  dont nous disposons date de 1980, plaidait-il dans une conférence de presse  aujourd’hui, nous manquons de tout. » Argent, expertise, matériel  adéquate, les volontaires qui ont accepté d’explorer les fameux hangars l’ont  fait avec une protection minime. Ils espèrent à présent l’aide de la communauté  internationale pour pouvoir détruire le gaz dans des conditions de sécurité  correctes.

Les ONG et la presse dénoncent déjà les  conditions dans lesquelles ces armes sont surveillées alors que les  différents groupes armés pillent les stocks d’armes afin d’augmenter leurs  capacités militaires ou économiques. Des spécialistes ont déjà commencé à  parcourir le pays afin d’aider les Libyens à détruire le gaz moutarde. Des  spécialistes américains, équipés de tenues NRBC (nucléaire, radiologique,  biologique, chimique), ont été repérés à Joufra où certains témoins ont évoqué  le passage de forces spéciales françaises en compagnie de combattants de  Benghazi.

Youssef Safi  ad-Din s’inquiète pourtant du peu de réactivité des alliés de la  nouvelle Libye. Il évoque l’aide du Qatar et des Etats-Unis qui auraient fournit  argent et matériel. Il attend toujours une réponse de la France qui n’aurait pas  répondu à l’appel au secours. La communauté internationale pourrait attendre,  toujours selon lui, que les fonds libyens gelés à l’étranger ne soient débloqués  afin de servir à cette partie indispensable de la reconstruction du pays.

En attendant, des quantités pharaoniques d’armes  continuent de circuler sans la moindre surveillance et à se répandre vers toute  l’Afrique du nord. Plusieurs sources évoquent déjà l’Algérie, l’Egypte et la  bande de Gaza. Selon les instituts de recherche, jusqu’à un million d’armes  légères auraient disparu. Des missiles portatifs anti-aérien, des armes de  poing, des fusils de toutes sortes et des explosifs font l’objet d’un véritable  marché noir dans toute la région. En espérant que matières chimiques et  radioactives ne rejoignent pas prochainement ce trafic. source

source : israel-flash

La cocue de Benghazi, c’est moi !

par Coralie Delaume

Réponse à Daoud Boughezala

Cher Daoud,

Lorsque j’ai lu ta « lettre ouverte aux cocus de Benghazi », je me suis sentie concernée, parce qu’il se trouve que ces « cocus », comme tu le sais, j’en fais partie. Je me verrais mal claironner aujourd’hui, avec ou sans trémolos dans la voix, « vive la Libye libre ! ». Pourtant, si je te donne raison – quoiqu’un peu tard – je n’arrive pas à me donner totalement tort.

C’est vrai, j’étais favorable à l’intervention en Libye. Mais pas forcément pour les raisons que tu soupçonnes. S’il m’est apparu inconcevable que nous assistions les bras ballants au massacre des civils de Benghazi, ce n’était pas par « droit-de-l’hommisme ». La lutte en faveur des droits de l’homme ne me semble pas spécialement condamnable, mais je ne suis pas naïve au point d’ignorer que leur défense est sélective. Tu serais en droit de me demander « pourquoi la Libye, et pas la Corée du Nord ? ». Tu aurais raison, si je n’avais que des arguments frappés du sceau des bons sentiments.

Seulement voilà, je suis de ceux qui pensent que les choix politiques d’un pays doivent faire prévaloir ses intérêts nationaux. Dès lors, s’il m’apparaît qu’une guerre déclenchée au nom des droits de l’homme est conforme aux intérêts de la France, j’y souscris sans état d’âme. Tant pis si l’on me soupçonne de bien-pensance ou de BHLisme.

Que devions-nous faire, alors que Mouammar Kadhafi menaçait de réprimer son peuple dans le sang ? Demeurer l’arme au pied, au nom du principe de non-ingérence ? Si nous avions agi de la sorte, on nous aurait accusé d’être les complices d’un massacre. La Russie et la Chine elles-mêmes, pourtant soucieuses de ne pas cautionner l’action d’une « communauté internationale » dont elles se méfient, ont préféré s’abstenir que de contrer la résolution 1973 à l’ONU. Crois-tu vraiment qu’il s’agissait d’une abstention compassionnelle ? Gageons plutôt que ces deux puissances ont voulu se prémunir contre toute accusation de connivence en cas de massacre.

Par ailleurs, il m’a toujours semblé que notre action en Libye était sans comparaison avec celle que nous menons en Afghanistan. L’Afrique du Nord se situe à nos portes alors que l’Asie centrale est au bout du monde. Nous n’avons aucun intérêt là-bas mais quantité ici. Comment nier que notre avenir est indissolublement lié à celui des peuples du Sud de la Méditerranée ? Or, nous ne pouvions empêcher ces populations de se soulever et de vaincre leur despote. Dès lors, même si leurs tyrans laïcs nous rassuraient, mieux valait approuver leur inéluctable destitution. C’est avec leurs successeurs, désormais, qu’il faudra savoir s’entendre.

Il est dangereux de lutter contre l’inévitable. N’éprouvas-tu pas la même honte que moi lorsque Michèle Alliot-Marie, alors ministre des Affaires Etrangères, proposa d’aider Ben Ali à réprimer ses opposants tunisiens ? Il semble qu’elle avait oublié le mot du général de Gaulle. « Il n’y a pas de politique en dehors des réalités »; ni « MAM » ni quiconque ne peut prétendre se dresser contre le sens de l’Histoire. Aussi vaut-il mieux l’accompagner, cette Histoire qui souvent nous surprend, et parfois nous déplaît. Surtout quand elle n’est pas la nôtre, mais celle de peuples qui désormais feront fi de notre bonne volonté.

Dans le cas de la Libye, il apparaît que sommes nous allés trop loin. Engagés sous l’égide de l’ONU dans une guerre déclarée au nom du « devoir de protéger », nous nous sommes bien vites affranchis du souci de la nuance pour passer de la protection à l’ingérence. Mais à quel moment aurait-il fallu se désengager ? Les civils libyens pouvaient-ils être en sécurité dès lors que la survie de Kadhafi et la détermination de ses fidèles maintenaient le pays dans une situation de « guerre civile », comme tu la qualifias avec justesse lorsque je parlais encore de « Révolution ».

Quant au Guide, tu sembles dire avec Jérôme Leroy, qu’il aurait fallu le juger. N’êtes-vous pas las, l’un et l’autre, de ces pantalonnades que constituent les procès devant la CPI (Cour spéciale internationale) et autres « tribunaux spéciaux » ? Allons-nous feindre encore longtemps de croire que le droit international est autre chose que l’application de loi des vainqueurs ? A l’inverse de Saddam Hussein, Kadhafi est mort à la guerre. C’est sans doute le moins que puisse souhaiter un colonel, et suffisamment rare à ce niveau de grade pour qu’il ait de bonnes raisons, où qu’il soit désormais, de s’en féliciter.

Nous nous acheminons donc vers une Libye islamiste. En sommes-nous vraiment responsables ? Cela ne serait-il pas de toute façon arrivé, avec ou sans les Occidentaux ? Des diverses Restaurations à l’Empire, combien fallut-il de temps à la France pour achever sa Révolution ? Nous avons survécu à la Terreur, qu’elle soit blanche ou robespierriste. Les Libyens sont ils voués à mourir de la Charia ?

Il leur faudra bien du temps et bien des convulsions. Le sang coulera sans doute encore. Ainsi, je conçois que dans l’immédiat, c’est toi qui as raison. Mais ce ne sera pas forcément toujours le cas. Le vieil Hegel pensait que « la raison progresse dans l’Histoire ». Pourquoi m’interdirais-je, pour ma part, de croire que le pire n’est pas toujours certain ?

source : Causeur

Lettre ouverte aux cocus de Benghazi

Si j’aurais su, j’aurais pas soutenu !

par Daoud Boughezala

Ami démocrate,

Tu es universaliste et prêt à défendre les droits de l’homme dans n’importe quel coin du globe lorsque tu estimes l’intégrité de la personne humaine menacée par le joug d’un tyran.

Tu penses que tous les peuples ont droit aux bienfaits de la démocratie et tu juges le « printemps arabe » riche d’espoirs (démocratiques) malgré les menaces (islamistes).

Tu as logiquement approuvé l’intervention de l’OTAN en Libye, officiellement mandatée pour protéger les populations civiles des exactions du sinistre Kadhafi. De même, tu n’as pas été choqué du fait que les opérations militaires visent le clan présidentiel et préparent un changement de régime au bénéfice du Conseil National de Transition.

A tout prendre, tu préfères miser sur le CNT, bien que l’origine trouble de son aile salafiste ne t’enthousiasme guère.

Si elle constitue un grave déni de justice, la mort récente de Kadhafi ne t’a pas particulièrement choqué, après tout, le Guide a péri par là où il a pêché, tel le Saddam Hussein de pacotille qu’il était. D’ailleurs, tu hésites entre le malaise et l’effroi en lisant les plaidoiries des crypto-Jacques Vergès de la plume  qui regrettent le sort infligé à Milosevic, Saddam et Kadhafi. Trois versions différentes de la même mort, lorsqu’il s’agit de tuer un salaud fini, cela ne t’a pas non plus heurté pas outre mesure…

Hier, tu as entendu ému la proclamation de la Libye libre par un certain Moustapha Abdeljlil, chef du CNT de son état et… ancien juge de Benghazi qui a condamné les infirmières bulgares et leur collègue palestinien à croupir dans les geôles libyennes. Abdeljlil, dernier ministre de la justice de Kadhafi, entré en rébellion au début de l’année, arbore fièrement sur le front la marque des musulmans les plus pieux qui prient en posant leur front contre une pierre, la marque ostentatoire de leur prosternation leur faisant office de carte de visite islamique.

Et voilà qu’à Benghazi, Abdeljlil déclare officiellement la charia comme source principale de la législation et s’empresse d’abolir le droit au divorce et à rétablir l‘usage plein et entier de la polygamie. Au printemps dernier, lorsque le CNT épousa en grande pompe la laïcité à l’hôtel Raphaël, il omit de dire à ses témoins Sarkozy et BHL qu’il était polygame et que sa seconde épouse s’appelait charia. Puisqu’il y a quantité de femmes veuves de guerre à remarier, quelle meilleure légitimité à invoquer que le Coran dans un pays qui a renversé son Ubu au cri d’ « Allah akbar » ? Les insurgés avaient beau piétiner le drapeau vert de Kadhafi, c’est au nom de l’islam qu’ils rétablirent l’étendard de la monarchie libyenne.

Ami, songe que même la Tunisie voisine, pour moderne, tolérante voire « laïque » qu’elle est, s’apprête à confier les clés de l’Assemblée Constituante aux « islamo-conservateurs » d’Ennahda, comme on les appelle pudiquement dans la presse « amie ».

Dieu pour tous, avec l’OTAN comme prophète, cela était écrit depuis le début. Entre les libertés occidentales et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, tu as longtemps refusé de choisir, comme le quai d’Orsay désormais officiellement « vigilant » sur le respect des droits humains dans la Libye post-kadhafiste.

Allez l’ami, prends sur toi, respire un grand coup et claironne des trémolos dans la voix : « Vive la Libye libre ! ».

source : Causeur

L’imposture Libyenne

D’un bout à l’autre, la guerre menée par la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis d’Obama en Libye a été une imposture.
Après un soulèvement à Benghazi, très vite, Nicolas Sarkozy s’est, comme on sait, mis en tête de « protéger les civils » libyens alors qu’il n’a pas eu la moindre préoccupation pour les civils de Syrie, d’Iran ou des régions kurdes de Turquie, et pour protéger les civils, il s’est arrangé pour faire voter une motion de l’ONU, soutenue par les Etats-Unis, et présentée par la France en partenariat avec le Liban du Hezbollah, et avec le soutien du Qatar et de l’Organisation de la Coopération Islamique. Cohorte étrange.
La « protection des civils » a commencé et a duré jusqu’à ces jours derniers. Elle s’est déroulée elle-même de manière étrange : sous forme de bombardements intensifs.
Elle a débouché, selon les plus récentes estimations, sur plus de cinquante mille morts, qui n’étaient sans doute pas les civils à protéger, sur la destruction quasiment complète de plusieurs villes qu’il faudra des années à reconstruire, sur l’anéantissement d’infrastructures, sur des livraisons d’armes à des bandes rivales plus ou moins liées à des mouvements islamistes, et souvent d’obédience tribale, sur l’assassinat de milliers d’Africains coupables d’avoir la peau noire et victimes de véritables pogroms.
Elle n’a pas offert à Kadhafi la moindre possibilité de reddition, et sa fin a été ignominieuse et barbare. Des arsenaux contenant du gaz moutarde, des entrepôts renfermant du yellow cake, et d’autres renfermant vingt mille missiles sol air ont été pillés.
Elle a été une guerre qui n’a jamais dit son nom et n’a jamais été déclarée officiellement.
La guerre a été inutile et arbitraire : Kadhafi ne représentait aucune menace pour quiconque, et coopérait maintenant depuis huit ans avec les services secrets occidentaux. La population libyenne n’était pas plus menacée que d’autres populations de la région, et Kadhafi n’a pas été plus barbare qu’Assad, les Saoudiens qui ont fait tirer dans la foule à Bahrein, ou Ahmadinejad : il l’a été moins, bien moins qu’Assad, qui, lui, est un ennemi de l’Occident.
La guerre a coûté très cher : trois cents millions d’euros pour la France, deux milliards de dollars pour les Etats-Unis.
Plus grave encore, la guerre a été menée pour satisfaire les islamistes, qui considéraient Kadhafi comme un traître depuis qu’il s’était tourné vers la CIA en 2003, et elle a reçu la bénédiction d’al Qaida, des Frères musulmans, du Hamas et de l’Iran. Les armées françaises, britanniques et américaines ont été placées au service d’intérêts islamiques.
La France et le Royaume Uni auront peut-être du pétrole libyen, mais il n’était pas utile de faire la guerre pour cela.
Obama aura fait un pas de plus dans la direction de ce qu’il souhaite : un Proche-Orient plus sûr pour l’islam radical.
Dans les semaines à venir, en Libye, la chasse aux noirs d’Afrique sub-saharienne va rester ouverte, la chasse aux femmes ne portant pas le hijab va l’être aussi. Les armes resteront aux mains de milices proches d’al Qaida, des armes dangereuses continueront à se vendre et se retrouveront jusqu’à Gaza. Un antisémitisme frénétique va continuer à monter à Tripoli. On en voit des traces sur les murs encore debout, mais, bien sûr, ces images ne sont pas montrées en France.
Au mieux, une république islamique où tous les clans seront représentés verra le jour.
Au pire, les factions se combattront, et la Libye deviendra une Somalie sur Méditerranée.
Je ne serais pas étonné si commence maintenant la vraie guerre civile entre factions. Je serais étonné si un gouvernement effectivement démocratique émerge.
La façon dont Kadhafi a été tué, et dont son corps a été exposé ensuite (dans une boucherie !) à Misrata montre que nous sommes très loin, vraiment très loin de mœurs démocratiques.
Je n’ai vu aucun de ceux qui se sont dit choqués de la condamnation à mort de Saddam Hussein, se déclarer choqués par les images du cadavre de Kadhafi. Il y a pourtant une différence : Saddam a été arrêté, jugé, condamné à mort et exécuté. Quels qu’aient été les crimes passés de Kadhafi, le traitement qu’il a subi relève de la bestialité.
Je n’ai vu aucun manifestant dire qu’on assassinait et qu’on bombardait les Libyens. Je n’ai vu aucun antiraciste défendre les africains noirs assassinés en masse. Je n’ai vu aucun ennemi de l’antisémitisme donner l’alerte sur l’antisémitisme féroce des « rebelles » libyens.
Je n’ai vu à l’œuvre aucun des pseudo « pacifistes » si prompts à réagir en général contre « l’impérialisme » occidental.
Est-ce parce qu’ils savaient que, cette fois, les forces « impérialistes » étaient au service de l’islamisme ?
Est-ce parce qu’ils savaient que, à la différence de Saddam, Kadhafi n’était plus un ennemi de l’Occident et était devenu un « traître » à la cause islamique et se trouvait traité de « sale porc Juif » par les « rebelles » ?
Je n’ai pas les réponses. Je les devine aisément.
Trois dictateurs sont tombés depuis le début de l’hiver islamique indûment appelé printemps arabe : trois alliés de l’Occident. Les dictateurs hostiles à l’Occident, eux, sont toujours là.
La doctrine Obama avance. Nicolas Sarkozy et David Cameron sont les idiots utiles de l’imposteur de la Maison Blanche, et sont regardés à Téhéran comme des crétins vendant la corde qui servira pour les pendre.
Reproduction vivement encouragée, avec la mention suivante et le lien ci dessous :
© Guy Millière pour www.Drzz.fr
PS. J’y reviendrai : la doctrine Obama avance aussi sur d’autres fronts. Il n’y aura plus un seul soldat américain en Irak à la fin de l’année : Ahmadinejad n’a même pas dit merci. Bientôt, l’Afghanistan sera rendu aux talibans. En Syrie, pour le cas où Assad tomberait quand même, Obama a préparé une équipe de rechange composées de membres des Frères musulmans.
source : drzz

Lynchage de Kadhafi : pincez-moi ou personne n’est choqué ?

Le lynchage atroce de l‘ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi a t-il choqué quelqu’un ? Ce n’est pas mon impression – ni en Libye, ni en Europe ni aux Etats-Unis. Au contraire d’ailleurs, les nouveaux dirigeants du pays, les tombeurs Kadhafi l’ont vite remplacé et ont récoltés des félicitations pour le début d’un nouveau chapitre dans l’histoire de la Libye. Et c’est tout. Ce n’est pas que j’apprécie Kadhafi… Je suis juste un humain. Je suis horrifié par les images de son lynchage. Mais ce doit être mon côté israélien qui ressort : trop d’humanité chez nous !

Mais en fait, que cela signifie t-il ? Quand il s’agit des intérêts comme le pétrole, par exemple, il est commode pour les dirigeants du monde d’avoir quelqu’un d’autre pour faire le sale boulot, sans les juridictions internationales et les organisations des droits de l’homme… Et leurs mains restent propres.

D’ailleurs vous remarquerez que vraiment personne n’a cligné de l’oeil ! Pas même le Conseil des Droits de l’Homme. Faut dire que la Libye y avait bonne place lorsque Kadhafi était aux commandes.

Il n’en demeure pas moins : je reste choqué ! Choqué ! On pouvait déjà l’être par le meurtre de Ben Laden dont les conditions sont toujours troubles… Et là, on le sait : le type était encore vivant… Il a été lynché bordel ! Peu importe ce qu’il a fait, est-ce là ce que nous voulons transmettre à nos enfants dans leurs livres d’histoire : “Kadhafi a été lynché par une bande de sauvages – mais comme ils étaient affiliés à l’occident, on ne retiendra que la victoire de l’occident, la baisse du prix du pétrole et les commandes de Rafale…”

Un par un, les dictateurs arabes tombent. Un par un, ils passent de l’extrême confort (et l’extrême cruauté) à une mort toute aussi dégradante et humiliante. Les peuples peuvent vouloir de la liberté, la base de ce concept n’est-il pas au moins le respect pour donner la mort (à défaut de justice!).

Le premier d’entre eux était Saddam Hussein. L’ancien dictateur irakien avait été appréhendé par les forces américaines en décembre 2003, alors qu’il se cachait dans un trou à rats de sa ville natale – Tikrit. Les troupes américaines ont enlevé Saddam, qui ressemblait plus à un clochard qu’à un leader et l’ont soumis à un examen médical pour le moins dégradant. Pourquoi les images ont-elles été diffusées ? Il a ensuite été jugé par le gouvernement irakien, condamné à mort et pendu. L’un des bourreaux de Saddam Hussein a eu l’ingénieuse idée de filmer l’instant, un peu comme l’ont fait les assassins de Kadhafi.

Plusieurs années plus tard vient le tour de Hosni Moubarak. Il est arrêté et conduit au tribunal sur son lit d’hôpital.

Et jeudi, ce fut le tour du terrible Kadhafi.

Kadhafi a récolté les fruits de sa tyrannie et de sa répression, de son pouvoir corrompu qui a gaspillé les ressources naturelles de son pays. Il va sans dire que durant son règne, des milliers de libyens ont été tués sans raison. Sans parler des viols et des tortures.

Le monde arabe a pratiquement ignoré de l’élimination de Kadhafi. En Syrie, les images de la disparition de Kadhafi n’ont pas été montrées (Assad a peur que cela donne des idées aux réprimés de sa dictature), tandis qu’ailleurs, des articles sans importances ont été publiés. Là encore, pour ne pas susciter des vocations.

Toutefois, le lynchage de jeudi devrait faire redescendre sur terre ceux qui avaient espéré que la Libye allait bientôt devenir une démocratie florissante. Il s’avère que les gangs au pouvoir en Libye sont la chair et le sang de Kadhafi, une partie essentielle de tradition de ce pays. N’en déplaise à Bernard henry Lévy : le chemin de la Libye, et le chemin du Moyen-Orient vers la stabilité et la démocratie, est aujourd’hui tout aussi éloigné qu’il ne l’était il y a quelques mois. Et ce n’est pas la probable prise de pouvoir par les islamistes en Tunisie qui me fera dire le contraire !

Jonathan-Simon Sellem – JSSNews

source : jssnews

David Djerbi, un Juif libyen dans son pays après 44 ans d’exil

Les Juifs libyens semblent fiers de leur patrimoine et même nostalgiques de leur foyer ancestral.

David Djerbi, un Juif originaire de Tripoli, qui a quitté la Libye en 1967, à la suite de la Guerre des Six jours, a reçu dimanche l’autorisation du Conseil national libyen de transition (CNT) de retourner dans son pays afin de lancer  la restauration de la grande synagogue, Dar Bichi, située dans le centre historique de la capitale libyenne.

David Djerbi, se présente comme le premier Juif à revenir en Libye depuis la révolte populaire qui a entraîné la chute de Kadhafi en août. David Djerbi est aussi un représentant de l’Organisation mondiale des Juifs de Libye.

Dès le début du soulèvement contre le régime de Mouammar Kadhafi, David Djerbi, s’est employé à défendre la cause du CNT en Afrique du Sud, qui n’a reconnu l’instance de transition qu’à la fin du mois d’août, et à venir en aide aux victimes de la guerre dans les hôpitaux de Benghazi, dans l’est du pays.

Djerbi souhaite aider les dirigeants intérimaires à reconstruire la Libye perdue de son enfance en favorisant la tolérance religieuse qui existait entre juifs et musulmans au Maroc et ailleurs au Maghreb. Il veut aussi que la synagogue Dar Bichi devienne un symbole de réconciliation entre Libyens juifs et musulmans.

David Djerbi  a fait une série d’entrevues avec les responsables du CNT sur les perspectives de réinsertion des Juifs dans la Libye de l’après-Kadhafi.

Alors qu’il avait 12 ans, Djerbi et sa famille ont fui Tripoli en 1967, la guerre des Six-Jours ayant nourri l’hostilité des Arabes contre Israël et provoqué des agressions contre les Juifs de son quartier.

Mouammar Kadhafi avait expulsé le reste des 38.000 Juifs libyens deux ans plus tard en confisquant leurs biens. Depuis, la plupart des synagogues de Tripoli ont été détruites ou transformées en mosquées. Sur la côte, des cimetières juifs ont été rasés pour faire place à des immeubles de bureaux.

Aujourd’hui s’eléve encore  la synagogue Dar Bichi. Néanmois l’inscription en hébreu qui la surmonte, “Ecoute, Israël”, n’est presque plus lisible et des pots de peinture vides jonchent le sol. L’emplacement des bains rituels est decenu un dépôt d’ordures où des chats errants cherchent de quoi manger à côté dans l’endoit où setrouvaient autrefois les rouleaux sacrés de la Torah.

En 2007, les autorités libyennes avaient arrêté David Djerbi  et interrogé lors d’une précédente visite dans le pays, où il venait déjà s’enquérir des moyens de restaurer la synagogue.

David Djerbi, Juif libyen exilé depuis 44 ans, rêve de restaurer cette synagogue qui lui rappelle certains souvenirs de son enfance libyenne.

A présent, David Djerbi dit chercher à devenir membre du CNT pour y représenter une population juive encore inexistante. Le retour des Juifs en Libye et leur représentation au CNT seront sans doute des questions délicates dans un pays musulman dont l’ancien dirigeant fut, des décennies durant, un contempteur virulent d’Israël sur le plan international.

Psychotérapeuthe installé en Italie,  David Djerbi  dit recourir aux enseignements de la psychothérapie pour tenter de nouer des liens avec la population libyenne. “Je dois les regarder droit dans les yeux » di t-il. « L’antisémitisme a été enraciné si profondément par Kadhafi que les gens ont besoin de s’en extraire. J’essaie de les transformer par mon comportement », indique-t-il en s’adressant en arabe aux habitants de son ancien quartier.

Ftouh Souhail

Note : un article de Haaretz a parlé le 19 juin 2011 de la grande synagogue, Dar Bichi à Tripolie
http://www.haaretz.com/jewish-world/libya-fighting-stirs-memories-of-country-s-jewish-past-1.368364

source ; Identitejuive

La Sarkolibye est islamiste

par Michel Garroté

Nous savons ce que cela signifie, lorsqu’un islamiste nous raconte qu’il est modéré ou juste conservateur. Le Turc Erdogan, par exemple, s’est livré à cette phraséologie ambigüe au    début. Mais depuis un an, ce même Erdogan a révélé son vrai visage : celui d’un islamiste autocrate qui veut rétablir la puissance ottomane et islamique dans le plus grand nombre de pays possible. L’on peut donc légitimement se poser la question de savoir ce qu’il en est, par exemple, en Libye, où, aujourd’hui, jeudi 15 septembre 2011, Sarkozy a scellé, avec le faste ridicule et grotesque que chacun lui connaît, son alliance de pacotille avec les barbus libyens, qui, pour l’instant, sont modérément barbus.

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Du reste, ce n’est pas moi, mais un certain Mohammed Abbas qui l’écrit (extraits adaptés ; cf. lien vers la source en bas de page) : « La Libye s’applique à convaincre qu’elle ne deviendra pas un nouveau foyer de l’extrémisme islamique et ses dirigeants n’ont que l’expression "musulmans modérés" à la bouche. A la veille du dixième anniversaire des attentats du 11-Septembre, le nouveau président de facto de la Libye a souligné qu’il surveillerait de près l’évolution de l’islam dans son pays : "Quatre-vingt dix pour cent des nôtres sont des musulmans modérés, 5% sont aux extrêmes droite et gauche", a dit Moustapha Abdeldjalil pour sa première apparition publique à Tripoli depuis la défaite des partisans de Mouammar Kadhafi. Les institutions et groupes islamistes se renouvellent et recrutent mais disent être animés par la seule ambition de renforcer l’unité nationale et les valeurs musulmanes. "Nous ne voulons ni le pouvoir ni un rôle politique", assure Mohammed Hammadi, salafiste doté d’une longue barbe. "Ecoutez, si vous voulez boire, buvez chez vous, que cela ne nous affecte pas", dit Moustapha Al Kikili, autre salafiste rencontré devant une mosquée de Tripoli ».

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Mohammed Abbas : « Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, on voit de plus en plus de "longues barbes" en Libye. Les islamistes, réels ou supposés, étaient pourchassés, incarcérés, voire exécutés par le régime. Comme l’Egypte notamment, la Libye a ses Frères musulmans, mais le mouvement compte moins de 1.000 membres. Alamine Belhadj, membre du Conseil national de transition (CNT), le conseil intérimaire au pouvoir, est un haut responsable des Frères musulmans libyens. "Bien sûr, je connais les inquiétudes de l’Occident mais je peux vous assurer que les islamistes libyens sont en grande partie ou à 100% modérés", dit Belhadj. "Nous croyons à un Etat démocratique, avec tous les mécanismes de la démocratie. Nous devons faire reposer notre démocratie sur la charia" (loi islamique), ajoute-t-il. Les six millions de Libyens sont quasiment tous sunnites et conservateurs, mais les opinions divergent quant au rôle de l’islam dans la nouvelle Libye. "Un homme qui n’a pas peur de Dieu n’a pas sa place en Libye", affirme Nabil Choukri, un combattant anti-Kadhafi attablé dans un café de Tripoli ».

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Mohammed Abbas : « Tous ont un rôle à jouer dans la nouvelle Libye", dit Mohammed al Saghir, chômeur. Des responsables américains ont évoqué des signes d’une présence d’Al Qaïda dans la rébellion, mais il y a eu très peu d’indices d’un activisme islamiste sur le terrain. Nader Omrani, qui supervise les mosquées de Tripoli et tout ce qui a trait à l’islam dans la capitale libyenne et son homologue de Benghazi, bastion de la révolution, souhaitent ouvrir de nouvelles écoles coraniques et promouvoir les valeurs de l’islam, ce qui empêchera selon eux les idées extrémistes de prendre racine. Le respect des règles de l’Islam serait à la discrétion de chacun et les droits des femmes seraient respectés, dit Omrani. Le CNT a annoncé l’organisation d’élections en vue de construire une société démocratique et fondée sur la charia, tout en respectant les autres religions. "Nous voulons un Etat de droit, de prospérité, un Etat où la charia est la source principale de la législation et cela requiert de nombreuses conditions" ».

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Mohammed Abbas : « L’assemblée constituante issue des premières élections décidera de la place de la charia dans le corps législatif de la future Libye. Belhadj et Omrani estiment qu’il est trop tôt pour faire émerger un parti politique islamiste. Ils s’attendent à ce que les Frères musulmans insistent davantage sur l’unité nationale après six mois de guerre civile. Un groupe islamiste au moins a des ambitions politiques : le Groupe libyen de combat islamique (GLCI), organisation disparue, qui avait mené une insurrection contre Mouammar Kadhafi dans les années 1990 et dont les dirigeants se sont réfugiés en Afghanistan. Son chef, Abdelakim Belhadj, est à la tête du nouveau conseil militaire de Tripoli. Le groupe a changé de nom et s’appelle maintenant Mouvement pour le changement pacifique. Les renseignements occidentaux n’ont que des informations parcellaires sur l’état du mouvement djihadiste en Libye. Certains membres en exil du GLCI auraient aidé des combattants à se rendre en Irak pour combattre les troupes américaines », conclut Mohammed Abbas.

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Michel Garroté

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Source (dépêche Reuters de Mohammed Abbas reprise    en province et censurée à Paris) :

http://www.paris-normandie.fr/article/france-monde/surveillee-par-loccident-la-libye-vante-lislam-modere

source : drzz

Exclusif DEBKAfile : Kadhafi se cache dans l’oasis de Targan, Sahara

DEBKAfile Reportage exclusif

http://www.debka.com/article/21277/

Adapté par Marc Brzustowski

En exclusivité mondiale, les sources du renseignement de Debkafile révèlent que Mouammar Kadhafi, deux de ses fils et plusieurs milliers de combattants se sont terrés à Targan. Ce point d’eau dans l’immense carte saharienne se situe à plusieurs centaines de kilomètres de distance au Sud-Ouest de la ville désertique de Jiffra, qui, elle-même, est à plus de 1.500 kms de Tripoli, tenue par les rebelles et de Sirte, où ses  fidèles tiennent tête aux rebelles libyens…

En exclusivité mondiale, les sources du renseignement de Debkafile révèlent que Mouammar Kadhafi, deux de ses fils et plusieurs milliers de combattants se sont terrés à Targan. Ce point d’eau dans l’immense carte saharienne se situe à plusieurs centaines de kilomètres de distance au Sud-Ouest de la ville désertique de Jiffra, qui, elle-même, est à plus de 1.500 kms de Tripoli, tenue par les rebelles et de Sirte, où ses  fidèles tiennent tête aux rebelles libyens.

Les sources du renseignement occidental pensent que si Kadhafi s’y sent aussi menacé, il suivra une échappatoire par une route préparée vers le Burkina Faso, dont le Président, Blaise Compaoré et le Premier Ministre Luc Adolphe Tiao, en dépit de leurs démentis officiels, lui ont promis de lui offrir un sanctuaire. Le Burkina Faso est un membre du CEN-SAD (Communauté des Etats du Sahel-Sahara), qui reconnaît encore Kadhafi comme le dirigeant de la Libye et refuse de reconnaître le régime rebelle.

Targan est une vaste oasis couvrant des centaines de kms carrés de lacs et de cours d’eaux reliés entre eux, entourés d’une grande densité de palmiers et de pousses de papyrus. Cette cachette a, jusqu’à présent, échappé aux satellites aériens espions américains qui traquent le dictateur libyen fugitif. Au cas où il se trouverait cerné, on pense qu’il a préparé plus d’une seule route pour fuir, dont certaines empruntant des souterrains dans des endroits dissimilés derrière une épaisse végétation.

Avec lui, on trouve, avec une quasi-certitude, deux de ses fils, Saïf al-Islam et Moatassem-Billah, et une partie de la 32ème Brigade Khamis.

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Libye – La constitution d’un nouveau foyer terroriste régional ?

Par Eric Denécé

Le Groupe islamique de combat libyen (GICL) a été fondé en Afghanistan, au début des années 1990, par des moudjahidines libyens, vétérans de la guerre soviéto-afghane, restés sur place à l’issue du conflit. Son existence n’a toutefois été officiellement annoncée qu’en 1995. Le GICL est inscrit sur la liste noire des organisations terroristes par le Conseil de sécurité de l’ONU.

À partir de 1995, sous la houlette d’Abou Abdallah Saddik, son leader historique, le GICL s’est lancé dans le djihad contre le régime de Tripoli.Une grande partie de ses militants est alors rentrée en Libye afin de renverser le colonel Kadhafi et de lui substituer un Etat islamique radical.

Des actions terroristes ont ainsi été menées à l’intérieur du pays. Les services de sécurité ont alors réussi à déjouer une tentative d’attentat dirigée contre le Guide libyen en 1996. Ce dernier a aussitôt lancé une lutte sans merci contre le GICL et, chose impensable jusqu’alors, une coopération étroite a été établie avec les services de renseignement occidentaux pour lutter conjointement contre Al-Qaïda. Cette décision a fait du colonel Kadhafi un ennemi à abattre pour l’organisation créée par Ben Laden ; le numéro 2 d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, désignait encore en 2010 le guide libyen comme une de ses cibles prioritaires.

Les opérations policières menées en Libye ont contraint la plupart des activistes du GICL à quitter le pays pour poursuivre leurs activités à l’étranger. Beaucoup de militants se sont éparpillés au sein de cellules internationalistes d’Al-Qaïda.

- Le plus célèbre est Anas Al-Liby qui participa aux attentats d’août 1998 contre les ambassades américaines de Dar es Salaam, en Tanzanie, et de Nairobi, au Kenya. Il a été arrêté en mai 2002 à Londres.

- Un autre terroriste important est Ibrahim Abou Faraj Farj Al-Libi, qui a été arrêté au Pakistan le 2 mai 2005. Issu du GICL, il a réussi à grimper les échelons de la hiérarchie d’Al-Qaïda, plus particulièrement au sein du Comité militaire. Il faisait partie du premier cercle des fidèles d’Oussama Ben Laden qu’il avait rencontré au Soudan au milieu des années 90. Il était ainsi devenu le responsable des opérations extérieures de la nébuleuse de Ben Laden, succédant à Khaled Cheikh Mohamed après la capture de ce dernier, en mars 2003.

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Libye – Les problèmes ne font que commencer

Par Eric Denécé

La Jamahiriyah a vécu. La Libye est débarrassée de la dictature imposée, depuis 1969, par Muammar Kadhafi à ses habitants. Nous nous en réjouissons car rien n’est plus légitime que l’aspiration des peuples à plus de liberté et de démocratie.

Cependant, l’euphorie de la victoire ne doit pas masquer la réalité de la situation : la guerre civile qui dure depuis six mois a profondément marqué le pays, accentuant les clivages internes.

Et la perte de contrôle de Tripoli sur son territoire, aussi bien que le pillage des ses arsenaux, ont favorisé le développement de menaces (séparatisme, terrorisme, criminalité) qui vont accroître durablement la déstabilisation du pays, mais aussi de la région

Surtout, il convient de rappeler quelques réalités qu’occultent politiques et médias des pays ayant soutenu les insurgés : le basculement du rapport de forces s’est produit d’extrême justesse pendant l’été ; ce n’est pas une victoire du peuple libyen mais celle des puissances belligérantes dirigées par l’OTAN ; et le Conseil national de transition (CNT) est une structure hétérogène et fragile, qui semble incapable de gérer, seul, l’avenir du pays.

Une évolution rapide

Alors que pendant cinq mois, la lutte contre le régime libyen avait piétiné, basculement de la situation s’est produit au cours de l’été, accélérant l’évolution des événements.

En premier lieu, l’offensive diplomatique en faveur du CNT a franchi un pas avec la reconnaissance par la Turquie des insurgés libyens (4 juillet), suivie quelques jours plus tard par celle d’une trentaine de pays à l’occasion de la réunion du Groupe de contact à Istanbul. Parallèlement, un changement de position de la Russie est également intervenu.

Mais c’est surtout le meurtre du général Abdel Fatah Younès (28 juillet), qui a été l’événement déterminant. L’ancien ministre de l’Intérieur de Kadhafi a été très vraisemblablement assassiné par les éléments les plus radicaux de la branche armée du CNT, qui lui reprochaient son manque d’efficacité. Le Conseil national de transition a été alors à deux doigts d’imploser, la tribu des Obeidi – à laquelle appartenait le général – demandant réparation. Seule une pression extrêmement forte des sponsors étrangers du CNT a permis de sauver la situation. Les Etats occidentaux et les pays du Golfe ont exigé le limogeage du « gouvernement » provisoire (8 août) et ont pris en main la direction des opérations, ce qui a accéléré l’issue du conflit.

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