Le congrès de la Confédération syndicale internationale (CSI), réuni à Vancouver (Canada), a exprimé ce lundi 28 juin 2010 son “soutient la collaboration entre Israéliens et Palestiniens et rejette toute perspective de boycott d’Israël.”
Le mouvement syndical international vient d’infliger un camouflet cinglant aux défenseurs de la campagne de boycott d’Israël (BDS). Le congrès a rendu un vibrant hommage au syndicat israélien Histadrout, affilié à la CSI, ainsi qu’à son président Ofer Eini. La plus grande organisation syndicale internationale du monde, fondée à Vienne en 2006, a considéré comme illégal (comme dans tous les pays occidentaux) le boycott des produits manufacturières ou agricoles israliens. La résolution sur l’égalité de genre adoptée par le Congrès explique que les exploitations israéliennes sont de nature à aider les travailleurs palestiniens à surmonter le problème du chômage dans les territoires et aider à la collaboration entre les travailleurs Israéliens et Palestiniens. Guy Ryder, le secrétaire général de la CSI a vanté la collaboration entre les syndicats israélien et palestinien, même si “elle est plus difficile aujourd’hui”.
Depuis août 2008, il y’a même un texte d’ accord qui lie les deux organisations. Dans les travées du congrès, Avital Shapira-Shabirow, directrice du secteur international d’Histadrut, a parlé aussi de la collaboration avec le syndicat palestinien. Mme Shapira-Shabirow a estimé que « Notre travail, c’est de protéger les droits des travailleurs, y compris palestiniens. » “La solution, c’est la coexistence de deux Etats indépendants dans un respect mutuel”, professe-t-elle. Dans la droite ligne de ce qu’affirme la Confédération syndicale internationale. Elle aussi vanté les excellentes relations de son organisation avec les syndicats dans le monde entier.
Les délégués au Congrès ont également souligné le rôle historique du syndicat israélien Histadrut. La centrale syndicale israélienne a toujours exhorté les employeurs israéliens à accorder aux travailleurs migrants les mêmes droits sociaux et du travail que leurs homologues israéliens et le tribunal du travail israélien a convenu que ce principe devait être appliqué.
Les travailleurs palestiniens en Israël bénéficient des droits et Libertés syndicales que nul pas ailleurs un pays arabe n’est disponible à garantir.
Les travailleurs israéliens sont libres de former des syndicats et de s’y affilier, et jouissent du droit d’organisation et de négociation collective. Une loi en vigueur en Israël interdit expressément la discrimination antisyndicale. Les Palestiniens de Judée Samarie et de la bande de Gaza qui travaillent en Israël ont le droit d’organiser leurs propres syndicats en Israël ou d’adhérer aux syndicats israéliens. Les membres palestiniens d’Histadrut peuvent élire et être élus aux postes de direction de la Confédération.
Les travailleurs palestiniens ont droit à une protection aux termes des conventions collectives israéliennes négociées par la Fédération générale des travailleurs en Israël (Histadrut), en échange du paiement de 0,80% de leur salaire à Histadrut (la moitié de cette somme est versée par Histadrut sur le compte bancaire de la Fédération générale palestinienne des syndicats (PGFTU).
Tous les travailleurs non résidents peuvent établir des organisations d’employés qui seront reconnues par les tribunaux du travail israéliens régionaux et nationaux aux termes de la loi sur la négociation collective. Seules les organisations représentatives des employés qui ont été reconnues ont le droit de s’engager dans la négociation collective.
En Israël les grèves sont autorisées mais les syndicats doivent donner un préavis de 15 jours, sauf autre spécification dans la convention collective. Les personnes qui se trouvent à la tête d’un mouvement de grève sont protégées par la loi. (2) La majorité des travailleurs peuvent exercer librement leurs droits syndicaux, même si les tribunaux du travail sont intervenus à plusieurs reprises en 2006 pour délivrer des ordres de reprise du travail dans différents secteurs.
Les travailleurs migrants qui représentent environ 7% de la population active proviennent de plus en plus souvent d’Asie.
La Histadrut, dont l’idéologie et la stratégie aspirent à la solidarité avec les employés palestiniens, s’est vigoureusement efforcée de favoriser les relations avec les Palestiniens en général et leur Confédération Générale Palestinienne des Syndicats (PGFTU), en s’attachant en particulier à la défense des droits des employés palestiniens.
La Histadrut compte parmi les soutiens standard en faveur de la promotion de la paix par le dialogue continu, pacifique et l’empathie envers les besoins des ouvriers palestiniens. La Histadrut croit fortement que c’est l’unique manière d’atteindre une paix juste et viable entre les deux peuples, garantissant deux Etats pour deux peuples et un règlement global de toutes les questions en suspens dans le cadre de ce conflit.
Pour la Histadrut, la principale centrale syndicale nationale israélienne, les syndicats doivent être en première ligne de la bataille en faveur de la paix entre les travailleurs du monde entier.
Néanmoins les responsables de l’Autorité palestinienne nuisent aux efforts de paix régionale en créant un climat de tensions entre arabes et juifs.
Le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, a lancé lundi une campagne d’inspection des magasins dans le cadre de sa campagne de boycott des produits provenant des implantations juives de Judée-Samarie en se rendant personnellement dans un supermarché de Ramallah, où, après avoir inspecté les étals, il a remis au gérant un certificat attestant que son magasin ne contenait aucun produit originaire des localités juives. Le ministre palestinien de l’Economie a assuré que “l’impact du boycott se manifestait déjà dans les implantations juives, estimant que le nombre de Palestiniens y travaillant avait baissé de 25%”.
Ftouh Souhail, Tunis
Nota : La Confédération syndicale internationale (CSI) est la plus importante organisation syndicale internationale qui défend les intérêts de travailleurs et de travailleuses du monde entier. Elle représente 175 millions de travailleurs/euses au travers de 311 organisations affiliées dans 155 pays et territoires. La Confédération syndicale internationale est la première organisation internationale syndicale en termes d’organisations affiliées et d’adhérents.
source : jssnews





