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Le (faux) Messie de Washington

Posted in actualité by leblogdenoach on 14 janvier 2009

par Isabelle Yael-Rose

Ce que les médias israéliens ont immédiatement qualifié « d’incident diplomatique » entre Israël et les Etats-Unis mardi 13 janvier, occupe intensément non seulement la classe politique mais également l’opinion publique israéliennes. Et ce, au moment où l’opération militaire “Plomb durci” (appelée également “plomb fondu”) ne semble pas trouver d’issue diplomatique, rendant la situation dans la bande de Gaza et dans le sud d’Israël très dangereuse d’un point de vue humain, militaire et politique.
Les chaînes de télévision ont rapporté les propos du premier ministre Ehoud Olmert qui seraient à l’origine de la friction – latente pour ne pas dire déclarée – depuis deux ans, opposant le bureau du premier ministre au Département d’Etat des Etats-Unis : lors d’une tournée dans le sud d’Israël, Olmert, faisant référence à l’abstention des Etats-Unis ayant permis à une résolution de passer au conseil de sécurité de l’ONU la semaine dernière, a rapporté une conversation qu’il aurait eu avec le président Georges Bush.
Mais il faut tout d’abord resituer diplomatiquement ce qui s’est passé au Conseil de Sécurité : depuis son élection à la présidence des Etats-Unis, Bush avait initié un tournant dans la politique américaine qui s’était concrétisé par des votes de blocage empêchant le passage de résolutions diplomatiquement hostiles à Israël. Si ces résolutions n’ont pas un pouvoir contraignant, elles tendent en revanche à produire deux choses : d’abord, d’un point de vue juridique, elles déterminent la légitimité – ou l’illégitimité – d’une action du point de vue de la légalité internationale et de ses institutions ; ensuite, d’un point de vue symbolique, elles définissent ce qui est recevable ou non pour la communauté internationale et les opinions publiques qui la composent. C’est la raison pour laquelle Israël se bat toujours pour empêcher le vote de résolutions qui le mettent constamment au banc des accusés, ou, au mieux, sur un pied d’égalité avec des mouvements terroristes tels que le Hamas ou le Hezbollah. Au nom de la « proportionnalité » et de la symétrie. Bref, au nom de la neutralité. L’argument d’Israël est toujours le même : on doit maintenir la distinction entre agresseur/agressé, pays démocratique qui se défend/ mouvement terroriste qui exporte la violence dans le monde en général et Israël en particulier. Bush, à la suite des attentats du 11 septembre, avait compris que cette distinction était capitale, et c’est pourquoi il avait progressivement corrigé la position des Etats-Unis au sein de l’organisation internationale : grâce à son droit de veto, les Etats-Unis empêchaient le passage de toute résolution hostile à Israël au sein du Conseil de Sécurité. Jusqu’au vote de la résolution par le Conseil la semaine dernière où d’une manière inédite, les Etats-Unis, loin de bloquer la résolution par leur veto, se sont abstenus de voter, permettant à la résolution de passer. La classe politique israélienne a, non sans raison, estimé qu’il s’agissait non seulement d’un revers pour Israël, mais également d’un fâcheux changement de direction de l’administration américaine indiquant un changement sans doute plus général dans la manière dont les Etats-Unis abordent Israël et sa situation dans le Moyen-Orient. Ce qui ne manquât pas d’inquiéter à la veille de la prise de fonction du président Barak Obama, dont les plus sceptiques redoutent qu’il n’adopte des prises de position anti-israéliennes.

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