La course présidentielle américaine redevient intéressante


En quelques heures, entre jeudi soir et vendredi matin derniers, la course à la Maison Blanche a connu deux développements de première importance.

Le premier fut le discours d’acceptation de Barack Obama à la suite de sa désignation comme candidat par le parti Démocrate, jeudi soir. L’intérêt du discours ne venait pas de sa qualité oratoire – qui fut, comme prévu, excellente. Obama n’est pas toujours un bon débatteur, mais il ne fait aucun doute qu’il est le plus puissant discoureur de la scène politique américaine. De plus, les mots qu’il prononce sont les siens et non ceux de diverses « plumes » : cela donne à ses discours un style particulier, aisément reconnaissable et agréable à l’oreille.

Mais les qualités oratoires d’Obama sont déjà bien connues ; on voit mal comment, à ce stade avancé de la campagne, un discours de plus pourrait améliorer, à lui seul, ses chances électorales. Et, quelle que soit la force du style, il faut bien reconnaître que les discours du candidat Démocrate ont souffert plusieurs fois, au cours de la campagne, de ce qu’on pourrait appeler la maladie du feu d’artifice. La voix de l’Elu s’élève et, graduellement, conduit la foule à la pâmoison, jusqu’au bouquet final ; mais lorsque le spectacle s’achève, les spectateurs regardent autour d’eux et se demandent pourquoi tous ces chatoiements sont retombés sans rien éclairer.

A deux reprises au moins dans la campagne, on attendait qu’Obama prononce un discours historique, un de ceux qui seraient cités pendant des décennies dans les livres d’histoire. Le 18 mars dernier, c’était un discours sur les questions raciales en Amérique ; et le 24 juillet, un discours sur la place de l’Amérique dans le monde, prononcé à Berlin. Dans les deux cas, la réaction immédiate fut enthousiaste. Quelques semaines plus tard, le premier de ces deux discours est entièrement oublié. Quant au deuxième, on se souvient généralement qu’Obama a su faire vibrer la foule allemande (ce qui n’est d’ailleurs pas toujours un signe favorable), mais aucune des belles phrases prononcées ce jour-là ne semble destinée à entrer dans les livres d’histoire.

la suite : Metula News Agency

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