Liban : les accrochages se succèdent aux explosions. Une détonation secoue Beyrouth cette nuit
Après les batailles rangées qui ont secoué Tripoli, au Nord du Liban, opposant depuis plusieurs semaines les Alaouites protégés par le régime syrien et par soutenus par le Hezbollah, aux Sunnites, des incidents ont marqué les nuits de Beyrouth, notamment dans la soirée de lundi (25 août), entre des militants du mouvement Amal à ceux du courant du Futur.
Cette nuit, cette tension a débouché sur une forte explosion, entendue peu après minuit, dans le quartier de la Corniche de Mazraa, à Beyrouth. Pour l’instant, la télévision « Al Arabiya », qui a rapporté l’information, n’a pas donné des détails sur la cible visée ni sur les victimes ou dégâts. Mais cette énième explosion intervient quelques heures après le passage de Bernard Kouchner à Beyrouth avant de se rendre à Damas, et à la veille de l’arrivée au Liban d’un haut responsable du Département d’Etat américain au pays du cèdre (mardi), et avant la visite du ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Abou Al-Gaïth, mercredi.
Le bras de fer entre la Syrie d’une part, la communauté internationale et les pays arabes d’autre part, se traduit au Liban par des tentatives d’intimidation et des démonstrations de force de la part de l’opposition. C’est du moins ce que prouvent les propos de Hassan Nasrallah, dimanche, menaçant de détruire Israël et son armée et de leur infliger une défaite sans bavure si l’Etat hébreu s’aventurait à attaquer le Hezbollah. C’est aussi le message transmis par l’allier du Hezbollah, Michel Aoun, qui a effectué une visite électoraliste dans le Sud, visite au cours de laquelle il a mis les électeurs en garde contre toute tentation de voter contre la « Résistance ». Rappelons que la tournée de Michel Aoun dans le territoire du Hezbollah et sous sa protection est intervenue quelques jours après l’invitation adressée par l’Iran à Aoun pour se rendre à Téhéran. Celui qui avait mené la guerre de libération contre l’occupation syrienne, et qui avait à maintes fois critiqué l’armement du Hezbollah et l’ingérence iranienne au Liban, renforce son alliance avec Damas, Téhéran et le Hezbollah, pour espérer gagner les élections législatives du printemps 2009. Mais plus Aoun se rapproche des geôliers du Liban, plus il perd l’estime des Libanais.
source : Mediarabe