par Eliane Ketterer
mouvement de jeunesse sioniste et socialiste. Ses anciens comptent parmi les fondateurs de l’organisation Ha-kibbutz ha-Artzi dans le mouvement kibboutznik. (Un Echo d’Israël).
Le mouvement fut fondé en 1911 dans la ville de Lvov, en Galicie (partie de la Pologne qui faisait partie de l’Empire austro-hongrois), en tant que premier mouvement juif de scouts. En 1913, l’organisme adopta le nom Ha-Shomer (La garde [1]), dans le sillage de de l’organisation Ha-Shomer de Palestine. En 1916, en pleine Première guerre mondiale, Ha-Shomer s’agrégea au mouvement Tseirei Zion (Les jeunes de Sion), qui se consacrait alors principalement à l’enseignement de la langue hébraïque et à des sujets liés au judaïsme et au sionisme. Le nouvel organe s’appela d’abord Shomerim Tzeirei Sion [2], puis changea par la suite son nom en Ha-Shomer ha-Tzaïr.
A ses débuts, le mouvement Ha-Shomer ha-Tzaïr fut un mouvement scout de jeunesse sioniste. Ses anciens ne s’engageaient ni à prôner une conception politique déterminée, ni à formuler quelque exigence concrète que ce soit. C’est seulement vers les années 1920 que commença l’identification du mouvement avec l’idéologie marxiste, et qu’il fut décidé que ses anciens devaient faire une démarche concrète, c’est-à-dire l’obligation de s’installer en Israël et de vivre au kibboutz.
En 1919, les anciens du mouvement Ha-Shomer ha-Tzaïr commencèrent à s’installer en Israël. Les années suivantes furent fondés les premiers kibboutzim du mouvement : Beit Alfa, Gan Shmuel, Ma’abarot et Mishmar ha-Emek. A ce stade, on ne parlait pas encore de mouvement kibboutznik Ha-Shomer ha-Tzaïr, entre autres raisons parce qu’une partie des dirigeants du mouvement en diaspora s’opposaient à la continuation de l’existence du mouvement une fois qu’ils seraient installés en Israël.
Au départ, le mouvement fut actif en Pologne, en URSS, en Roumanie, en Lituanie, en Lettonie, puis, il se répandit dans d’autres pays comme les Etats-Unis, le Mexique et l’Afrique du Sud. En 1924, eut lieu le premier Congrès Ha-Shomer ha-Tzaïr, à Dantzig (aujourd’hui Gdansk), en Pologne. Le second Congrès eut lieu en 1927, l’année où fut fondé, en Israël, Ha-Kibbutz ha-Artzi ha-Shomer ha-Tzaïr, organisation de colonisation qui se définissait comme « un courant politique indépendant au sein du mouvement des travailleurs d’Israël ». Le congrès de Dantzig s’abstint de rendre obligatoire la vie en kibboutz, en raison d’un différend sur ce sujet au sein du mouvement. Une partie des kibboutzim fondés par d’anciens de Ha-Shomer ha-Tzaïr en Israël, et parmi eux, le premier kibboutz du mouvement, Beit Alfa, ne se joignirent pas au Ha-Kibbutz ha-Artzi lors de sa fondation.
Lors du troisième Congrès mondial, en Tchécoslovaquie (1930), il fut décidé que l’adhésion au Ha-Kibbutz ha-Artzi était la voie unique et obligatoire pour les anciens du mouvement. C’est ainsi que commença un processus au cours duquel Ha-Shomer ha-Tzaïr passa du statut d’un mouvement de jeunesse qui avait fondé un organe de colonisation pour ses anciens, à une organisation politique, dotée d’une idéologie politique, qui animait un mouvement de jeunesse dans le but de renforcer son influence et de s’assurer une relève. Dans le cadre de ce processus, la direction du mouvement passa de la Pologne à Israël, où le mouvement commença son action sous le patronage de Ha-Kibbutz ha-Artzi. (La décision d’adhérer au Ha-Kibbutz ha-Artzi causa la division du mouvement, et les gens de Ha-Shomer ha-Tsaïr en URSS, Autriche, et une partie du mouvement de Lituanie quittèrent le mouvement et fondèrent Ha-Shomer ha-Tzaïr no’ar Tzofi Halutzi ; plus tard, ils se joignirent au Ha-Kibbutz ha-Meuhad et au Mapaï.)
Durant la Seconde Guerre mondiale, les membres du mouvement Ha-Shomer ha-Tzaïr remplirent une fonction dans la lutte contre les Nazis dans les ghettos, les forêts, dans les rebellions populaires, comme par exemple, la révolte slovaque, dans les mouvements juifs et généraux de résistance, et dans les rangs des parachutistes d’Israël. En Israël, une partie des anciens de Ha-Shomer ha-Tzaïr s’enrôlèrent dans les rangs du Palmah.
En 1946, fut fondé en Israël le "Parti des travailleurs de la jeune garde" qui s’unit en 1948 avec le parti Ahdut ha-Avoda-Po’alei Zion et devint le Mapam, parti uni des travailleurs. La fondation du parti fit passer le mouvement de jeunesse Ha-Shomer ha-Tzaïr (même si ce ne fut jamais d’une manière officielle), du statut de mouvement de jeunesse ayant des positions politiques, au mouvement de jeunesse d’un parti. En même temps que l’activité politique, l’activité scoute a tenu une place essentielle durant toutes les années d’existence du mouvement.
La création de l’Etat et l’enrôlement obligatoire dans Tsahal créèrent une situation nouvelle pour les anciens du mouvement. La fondation du Nahal (Jeunes pionniers combattants) résolut le problème du parcours d’engagement dans le kibboutz par le service militaire, mais une rupture survint entre les membres du mouvement (tous en dessous de 18 ans) et la direction du mouvement formée des membres des kibboutzim. Des arrangements comme le sursis d’une année avant d’effectuer le service militaire et une permission au cours du service, permirent cependant à quelques-uns des anciens de s’occuper de formation également à l’âge de l’enrôlement, mais les fonctions de formation et de direction les plus importantes restèrent entre les mains des "délégués" les plus âgés.
Des années après la création de l’Etat, le mouvement de jeunesse Ha-Shomer ha-Tzaïr en Israël et dans le monde a gardé sa place de source essentielle du développement de Ha-Kibbutz ha-Artzi. Ces dernières années, le nombre des anciens du mouvement qui rejoignent les kibboutzim a diminué, mais l’activité éducative, idéologique et politique subsiste.
A ce jour, le mouvement Ha-Shomer ha-Tzaïr agit essentiellement en Israël, en tant que département de Ha-Kibbutz ha-Artzi. Ces dernières années, il y a un renouveau de l’activité du mouvement dans les pays européens, y compris dans les Etats de l’ancienne Union soviétique. De plus, Ha-Shomer ha-Tzaïr est actif dans une partie des Etats de l’Europe occidentale et centrale, ainsi qu’en Amérique du nord et en Amérique latine.
L’activité du mouvement se traduit par des rencontres à périodicité fixe dans les branches (cellules) ; les anciens du mouvement se consacrent à la formation et à l’éducation dans le cadre de l’année de service dans le Nahal. Périodiquement a lieu une Shomeryia, camp national de tous les éducateurs du mouvement, avec des activités scoutes, sportives et culturelles.
© Un écho d’Israël
source : UPJF



